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Deux morts et onze blessés sur les rails du RER
TRANSPORT•Un train les a heurtés samedi soir entre Aubervilliers et Saint-Denis...AA avec agence
Le match de foot Lille-Lyon, samedi soir au Stade de France, s'est terminé par un drame. Des supporters lillois ont été heurtés par une rame de RER après le match alors qu'ils se trouvaient sur les rails entre Aubervilliers et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
L'accident s'est produit à proximité du Stade de France peu après 23h30 à hauteur d'un pont enjambant l'A86. Les victimes cherchaient à regagner leur car pour rentrer dans le Nord. Pour gagner du temps, elles ont longé la voie ferrée, non éclairée à cet endroit, a indiqué à la presse Jean-Pierre Farandou, directeur Transilien à la SNCF. Lequel rappelle que, surtout, «il ne faut pas circuler sur les voies, on y risque sa vie». Ce à quoi Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a ajouté que «jamais, jamais, sous aucun prétexte on ne peut marcher sur les voies sans y être vraiment expressément invité par un agent SNCF, c'est extraordinairement dangereux. Et même nous, les cheminots, lorsqu'on le fait on demande dans la plupart des cas l'interruption de la circulation».
Profil
Bilan de l'accident: deux personnes ont été tuées, deux jeunes de 10 et 17 ans, et onze blessés. Le père de l'un des deux tués, âgé de 40 ans, et deux autres mineurs ont été grièvement blessés. Huit personnes ont également été touchées plus légèrement, dont la soeur de l'enfant de 10 ans décédé, a-t-on appris de source préfectorale et auprès des pompiers. Six de ces huit blessés légers, en état de choc après l'accident, étaient sortis de l'hôpital en début de matinée, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis.
Enquête ouverte
Dimanche, le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire pour homicides et blessures involontaires après l'accident. Cette enquête judiciaire devra notamment déterminer les raisons de la présence de ces personnes dans une zone interdite au public, protégée par des barrières et un portail fermé. L'enquête a été confiée à la Sûreté départementale de Seine-Saint-Denis.
Parallèlement à cette enquête judiciaire, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a annoncé avoir saisi le Bureau enquête accident (BEA) d'une enquête administrative sur les circonstances de ce drame.
Guillaume Pépy, interviewé lors du «Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en France», a fait valoir que c'était «un accident qui est sans précédent (...) jamais on n'a eu un accident de cette nature (...) C'est un drame épouvantable».
Le RER qui a happé les supporters lillois était un RER B, vide, qui circulait pour aller se garer au terminus de cette ligne, avant de repartir le lendemain. Selon Guillaume Pépy, le président de la SNCF, il devait rouler à 60 km/heure.
Mobilisation
Soixante-seize sapeurs-pompiers et 24 engins venus de 12 centres de secours ont été mobilisés. A l'aide d'un canot, les pompiers ont également sondé le canal voisin à la recherche d'éventuelles victimes qui auraient pu être projetées dans la collision, selon les pompiers. Aucun corps n'a été retrouvé et les recherches ont été arrêtées.


















