Tour de France 2021: « Un jour, on va avoir des morts… » La colère de Madiot après la (nouvelle) série de chutes

CYCLISME La troisième étape entre Lorient et Pontivy, ce lundi, a été marquée par de nombreuses chutes. A l’image finalement ce début de Tour de France

David Phelippeau
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La chute de Caleb Ewan lors de l'arrivée au sprint.
La chute de Caleb Ewan lors de l'arrivée au sprint. — BENOIT TESSIER / POOL / AFP
  • De nombreuses chutes ont émaillé la fin de la troisième étape du Tour de France ce lundi entre Lorient et Pontivy.
  • Il y avait déjà eu de terribles chutes sur les deux premières journées.
  • Marc Madiot, directeur de Groupama-FDJ, a poussé un gros coup de gueule.

Un vrai jeu de quilles ce début de Tour de France. Ce lundi, la troisième étape entre Lorient et Pontivy a été dans la lignée des deux premières journées. Elle a été émaillée par des chutes assez violentes, surtout dans le final. Quatre nouvelles chutes sont intervenues dans les dix derniers kilomètres. Valentin Madouas a été le premier à terminer au sol après un accrochage dans le peloton. Primoz Roglic a été pris dans la deuxième chute et a fini avec tout le côté gauche du corps abîmé. Arnaud Démare et Jack Haig sont eux tombés dans un faux plat descendant dans une nouvelle portion étroite. Enfin, en plein sprint final, Caleb Ewan s’est retrouvé au tapis accrochant la roue de Tim Merlier, vainqueur de l’étape.

Les réactions d’anciens coureurs ont été immédiates. « C’est quand même une sacrée coïncidence toutes ces chutes en 5-6 km, c’est quand même la preuve que ce n’était pas adapté à un peloton du Tour de France en 3e étape, a remarqué l’ancien coureur Laurent Jalabert au micro de France 2, chaîne pour laquelle il est consultant. Là, on a les boules. Les gamins vont à terre, on joue avec leur vie. » Thomas Voeckler, lui aussi ancien coureur et consultant pour France 2, avait prévenu par SMS Laurent Jalabert que ça allait « gameller » sur ces derniers hectomètres. « Cela nous fait mal de voir les coureurs par terre, a regretté Voeckler. Le Tour de France, ce sont plus de 170 coureurs qui arrivent comme des morts de faim. […] Les sprinteurs étaient déchaînés, leurs équipes aussi. Ce ne sont pas les routes les moins dangereuses qu’on peut trouver sur le Tour de France pour une arrivée d’un sprint massif. »

L’incroyable coup de colère de Marc Madiot

Mais la palme du coup de gueule est décernée à Marc Madiot, directeur de Groupama-FDJ. Au micro de France 2, il n’a pas caché sa colère lors d’une saillie venant du cœur. « Je suis père de famille. Beaucoup de familles, de gamins, de mamans regardent le Tour à la télé… Moi, quand je vois ça, je n’ai pas envie que mon gamin soit coureur cycliste professionnel. Alors, ça fait des années qu’on en parle, mais il faut qu’on trouve des solutions. On ne peut pas continuer comme ça, ce n’est plus du vélo. Il est dans quel état Caleb Ewan ? Et les autres avant ? Peut-être qu’il faut enlever les oreillettes, peut-être qu’il faut faire plein de choses… Il faut qu’on fasse quelque chose, sinon un jour, on va avoir des morts. Je n’ai pas envie d’appeler la famille d’un coureur un jour parce qu’il est à l’hôpital pour toujours. Ce n’est pas digne de notre sport. »

Alors, qui pointe-t-il du doigt ? « Ce n’est pas le problème du parcours, c’est un tout. C’est la faute des coureurs, des équipes, des organisateurs, de nos instances internationales qui ne régissent pas assez et qui ne tiennent pas compte des avis des anciens ! »