France - Bulgarie : « On sera debout pendant 90 minutes »... Les 5.000 privilégiés ont hâte de retrouver le Stade de France

FOOTBALL La 3F a tenu a rendre hommage aux soignants et aux supporters privés de stade, entre autres

William Pereira

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Le Stade de France va (encore) sonenr creux pour la finale de la Coupe de France.
Le Stade de France va (encore) sonenr creux pour la finale de la Coupe de France. — FRANCK FIFE / AFP
  • La FFF a obtenu une dérogation pour accueillir du public à l'occasion du dernier match de préparation face à la Bulgarie au stade de France.
  • 5.000 supporters auront la chance d'encourager le Bleus, dont plusieurs centaines de soignants et personnels de pompier.

Ce ne sont pas les adieux en grande pompe dont rêvaient joueurs et supporters avant le coup d’envoi de l’Euro 2021, mais le contexte est trop douloureux pour que l’on se permette de jouer les fines bouches. Comme espéré par la FFF, l’équipe de France bouclera sa préparation contre la Bulgarie devant 5.000 spectateurs au Stade de France. Très en dessous de la capacité maximale de l’enceinte (81.000 places), mais quand même au-dessus du vide intersidéral dans lequel les sportifs sont habitués à évoluer depuis maintenant un an.

« Ça fait plaisir de retrouver 5.000 personnes, confiait samedi Thomas Lemar​. Le fait d‘avoir un peu de bruits d’encouragement, ça fera toujours la différence et nous boostera sur le terrain. » On comprend l’idée, même si, et avec tout le respect que l’on doit à ces Bulgares qui nous ont jadis fait tant de mal, les Bleus n’ont a priori besoin de personne pour surclasser la 71e nation au classement Fifa.

Des soignants, des étudiants, des pompiers…

Pour la 3F, l’enjeu était double. Offrir aux joueurs un dernier amical devant un public acquis à sa cause avant d’aller se frotter à l’hostilité de Munich et Budapest, et rendre hommage aux différents acteurs et/ou groupes de personnes touchés par la pandémie : des soignants (800), du personnel de la gendarmerie et des pompiers (150+150), des étudiants (500), des membres de Ligues limitrophes et des supporters. Tous dans les 5.000 ont été approchés et invités par la Fédé dès lors que celle-ci a eu le feu vert du gouvernement, c’est-à-dire il y a peu (le « oui » est tombé le 3 juin).

Romain Eskenazi, Directeur de la communication des hôpitaux de Saint-Denis et Gonesse, dont le personnel a été convié à la fête : « Vendredi soir, on a été informé qu’il y aurait 100 places pour le personnel des hôpitaux de Saint-Denis et Gonesse. On a fait du 50-50. J’ai fait partir un mail ce matin sur la base du premier inscrit premier servi, on est en train de recevoir les réponses. »

Côté supporters et pour des raisons logistiques, tout s’est goupillé un peu plus tôt, alors que l’info était loin d’être officielle. « Il y a une quinzaine de jours on nous a dit qu’il y aurait peut-être dérogation et quand l’officialisation est tombée on s’est préparé. On a prévu un bus et les gens s’inscrivent. Ça s’est fait en quelques semaines », nous dit Yannick Vanhée, président du groupe des Corsaires, basés à Dunkerque, heureux comme tout de retrouver le chemin du Stade de France mais pour qui une dernière angoisse subsiste. Pour avoir le droit de monter en tribune, il faudra répondre aux normes du pass sanitaire – déjà en vigueur à Roland-Garros – c’est-à-dire avoir un test PCR ou antigénique négatif datant de 48h ou présenter un certificat de vaccination. « Les gens sont un peu stressés, on sait jamais, on n’est pas à l’abri d’un test positif ».

Les tests défavorables ne seront pas les seuls à faire des déçus, mardi. Les 5.000 seront forcément de gros veinards et ceux qui échoueront aux portes du Stade de France le sauront mieux que nous. Mais c’est le jeu. Eskenazi :

« 50 places sur 2500 agents par hôpital, c’est sûr que ça va vite se remplir. Il n’y a pas vraiment moyen d’être équitable. Il y a ceux qui sont off, ceux en horaires décalés. La seule chose que j’ai pu faire, c’est d’attendre lundi 10h pour lancer le mail afin de ne pas désavantager ceux qui ne les consultent pas le week-end. »

Il n’empêche au bout du compte que veinards et malchanceux s’accordent à saluer l’initiative de la FFF, quitte à faire dans la formule un peu pompeuse. Vanhée « depuis 2012, la FFF reconnaît largement ses supporters, et elle a choisi de privilégier la famille du football. » Du côté des hôpitaux, on n’en pense pas moins. « Tout le monde considère que c’est un cadeau généreux, la direction salue la Fédération. »

Tout ça, c’est très bien, mais quid de l’ambiance ?

Assurer le show à 5.000 dans un stade aussi vaste et peu propice aux belles ambiances relève de l’impossible, quand bien même les invités seront placés en tribune Est pour éviter l’effet de dispersion. Les Corsaires savent la tâche ardue mais promettent de faire de leur mieux pour couvrir les bruits de l’A86.

« On sera 2.000 supporters, on va chanter. Ça va forcément faire du bruit. On va essayer d’apporter un peu de couleur, avec des bâches. On sera debout pendant 90 minutes parce qu’on a besoin d’évacuer. Pour que les Bleus soient champions d’Europe, il faut qu’ils partent dans des bonnes conditions. Le Covid a montré à tous les gens qui pensaient que les supporters étaient inutiles avaient tort, et on fera en sorte de montrer qu’on est là. On veut que les joueurs se disent qu’un peu de bruit, ça fait du bien. »

Au vu du discours de Didier Deschamps, Yannick Vanhée n’a pas beaucoup de souci à se faire : « d’avoir ce contexte, cet environnement est source d’adrénaline. Le sport, c’est un partage d’émotions. C’est une très bonne nouvelle et un premier pas important. »