Nîmes Olympique : Le président Rani Assaf menace de se désengager du club

LIGUE 1 En pleine guerre ouverte avec l’association du Nîmes Olympique, le président de la SASP aurait annoncé son intention ce vendredi de se désengager du club, dont il détient 80 % du capital

Jérôme Diesnis

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A l'image de Birger Meling, au soir de la relégation contre Lyon, le Nîmes Olympique va devoir se relever d'une nouvelle crise qui fragilise le club.
A l'image de Birger Meling, au soir de la relégation contre Lyon, le Nîmes Olympique va devoir se relever d'une nouvelle crise qui fragilise le club. — AFP
  • Le président de la SASP du Nîmes Olympique, Rani Assaf, aurait annoncé aux salariés son intention de se désengager du club gardois, dont il détient 80 % du capital.
  • La déclaration est une étape supplémentaire dans l’opposition entre la section professionnelle et l’association, sur fond d’arbitrage de la municipalité, alors que le club est embourbé dans une crise sportive et financière.
  • La volonté de Rani Assaf de diviser par deux les moyens consacrés au centre de formation et de placer ses hommes à la tête de l’association a mis le feu aux poudres.

La crise qui grondait depuis plusieurs semaines au Nîmes Olympique a éclaté au grand jour. Relégué sportivement en Ligue 2, le club gardois risque tout simplement d’être radié de la carte du foot professionnel. Selon Midi Libre, le président de la SASP Rani Assaf a en effet annoncé aux salariés son intention de se désengager de la structure professionnelle, dont il détient 80 % du capital.

Comme l’ensemble du football français, Nîmes Olympique est dans une situation financière précaire en raison de la crise sanitaire et l’absence de billetterie, à laquelle s’est ajoutée celle des droits TV après le désistement de Mediapro. Jusqu’à présent, l’ancien cadre de Free semblait prêt à combler les 6 à 7 millions d’euros de déficit à l’issue de cette saison.

Attaques et contre-attaques

Mais depuis lundi, les tensions en coulisses ont éclaté au grand jour. Pour limiter les frais de fonctionnement et gagner en rentabilité, le président a annoncé dans un premier temps son intention de fermer le centre de formation. Puis un accord a été trouvé avec le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier (LR), pour conserver un centre low cost au budget de fonctionnement réduit de moitié (700.000 euros)… à condition de placer des hommes de confiance à la tête de la section amateur.

Une décision vécue comme une déclaration de guerre par la section amateur (propriétaire du numéro d’affiliation, indispensable pour participer aux compétitions gérées par la FFF et la LFP), soutenue par les clubs de supporters. « La mairie et la SASP veulent contrôler notre association. De quel droit ? Ils occultent totalement notre fonctionnement démocratique », s’est indignée l’association dans une lettre adressée jeudi à ses membres de droit. Le conseil d’administration de l’association (en charge de la section amateur du club) doit se réunir ce vendredi soir.

Le projet de nouveau stade serait également abandonné

Le président de l’association, Yannick Liron, désavoué par l’accord conclu entre Rani Assaf et le maire, a présenté sa démission mardi. Depuis plusieurs semaines, il cherchait une solution alternative pour trouver le financement à hauteur de 1,5 million d’euros du centre de formation, en faisant notamment appel aux membres de l’association qu’il espérait transformer en socios, sur le modèle des grands clubs espagnols.

Le courrier de l’association, jeudi, a donc entraîné la riposte immédiate de Rani Assaf. Il aurait également annoncé aux partenaires son intention de mettre un terme au nouveau stade Nemausus. En 2019, il a racheté pour huit millions d’euros l’actuel stade des Costières et son terrain, avec comme projet de le détruire pour en construire un nouveau dans le cadre d’un vaste programme immobilier.

Vraies velléités de départ ou simple coup de bluff

Il a convoqué un conseil d’administration extraordinaire jeudi, où il pourrait annoncer son intention de déposer le bilan. Une décision brutale qui ferait craindre, en cas d’absence de repreneur, la disparition du club et la rétrogradation de l’équipe première en National 3 (niveau actuel de la réserve).

Mais cette décision aurait aussi de très lourdes conséquences financières pour l’actuel président de la SASP, qui verrait s’évaporer des millions d’euros d’investissement. A tel point que plusieurs membres de l’association y voient davantage un chantage et coup de bluff, qu’une vraie volonté de quitter le navire.