Ligue 1 : Le grand plongeon dans l’incertitude pour Nîmes, entre relégation et situation financière précaire

LIGUE 1 Etrillé à domicile contre Lyon (2-5), Nîmes Olympique quitte la Ligue 1 par la petite porte. Une période d’incertitudes s’ouvre pour un club prêt à sacrifier sa formation

Jérôme Diesnis

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Nîmes Olympique en L1, c'est terminé.
Nîmes Olympique en L1, c'est terminé. — Lionel Urman/SIPA
  • Relégués en Ligue 2, à cinq points de Nantes avant la dernière journée, les Crocos quittent l’élite trois ans après l’avoir retrouvée.
  • A l’image de son dernier match où il a semblé résigné, Nîmes s’est essoufflé dans sa course à handicap, après une première partie de saison compliquée.
  • Le président Rani Assaf a annoncé son intention de se séparer du centre de formation, dans une logique de rentabilité financière, entraînant de fortes crispations autour du club.

La défaite de Nîmes contre Lyon (2-5) ouvre une période de profonde incertitude. Relégués en Ligue 2, à cinq points de Nantes avant la dernière journée, les Crocos quittent l’élite trois ans après l’avoir retrouvée. Trois saisons marquées par un déclin régulier. La vente des meilleurs éléments, qui font aujourd’hui le bonheur des autres clubs de L1 (Savanier, Bobichon, Bouanga, etc.), n’a pas été compensée par un recrutement suffisamment pertinent.

Sauvé la saison dernière par l’arrêt du championnat, alors qu’il avait glissé à la dix-huitième place après une série de résultats inquiétants, Nîmes cette fois n’a bénéficié d’aucun coup de pouce du destin. « La marche était trop haute face à Lyon, obligé de gagner ici pour espérer une place en Ligue des champions », a reconnu l’entraîneur Pascal Plancque après la défaite, dimanche soir.

Les limites de l’union sacrée et des vertus morales

La marche était trop haute, comme elle l’a été trop souvent cette saison. Après une première partie de championnat compliquée qui avait entraîné l’éviction de Jérôme Arpinon, Nîmes avait connu une petite période d’embellie, dont le succès à Lille (1-2) a marqué le point d’orgue.

Mais les vertus morales et l’union sacrée prônées dans le vestiaire n’ont pas résisté à la durée. A l’image de son dernier match où il a semblé résigné, Nîmes s’est essoufflé dans sa course à handicap. « C’est un gros gâchis pour cette équipe avec de la qualité. On ne descend pas sur les derniers matchs, mais sur l’ensemble de la saison », regrette le capitaine Renaud Ripart.

Vente des Costières et fins de contrat

Avec huit joueurs en fin de contrat (mais parmi eux, peu de titulaires depuis l’arrivée de Pascal Plancque), d’autres qui seront vendus pour alléger la masse salariale, les Crocos doivent rebâtir dans un contexte marqué par l’incompréhension, voire les tensions. Le président Rani Assaf a annoncé son intention de se séparer du centre de formation, dans une logique de rentabilité financière. Tandis que l’association bat le rappel des supporters pour le financer, les collectivités voient cette décision d’un très mauvais œil.

En juin 2019, la mairie a vendu le stade des Costières au patron du Nîmes Olympique, pour huit millions d’euros. Il a l’ambition d’en faire un complexe moderne doublé d’une grande opération immobilière. Tout allait alors pour le mieux entre les deux parties. La décision unilatérale de Rani Assaf sur le centre de formation a fortement rafraîchi les relations.

Elle interroge sur l’avenir même du club qui ne pourrait pas s’appuyer sur ses joueurs issus de sa formation pour retrouver l’élite. La dernière relégation du Nîmes Olympique en deuxième division remonte à la saison 1992-1993. Il avait mis vingt-cinq ans pour y remettre les pieds…