Super Ligue : Jean-Michel Aulas raconte pourquoi il a refusé le projet

FOOTBALL Le président de l'OL, déçu par les manières des dissidents, a calqué son attitude sur celle de Nasser Al-Khelaïfi

J.L.

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Jean-Michel Aulas en compagnie de Noël Le Graët, le 13 mars 2021.
Jean-Michel Aulas en compagnie de Noël Le Graët, le 13 mars 2021. — FRANCK FIFE / AFP

Son nom a été cité par le président de l’UEFA au moment de remercier ceux qui avaient refusé de céder aux sirènes de la Super Ligue. Mais Jean-Michel Aulas ne s’était pas encore exprimé publiquement sur ce projet mort-né, avant cette interview accordée à l’Equipe parue jeudi matin.

JMA s’y montre assez transparent, reconnaissant que s’il était contre un projet « non compatible avec les souhaits des supporters », il a attendu que le PSG se positionne pour marcher dans ses pas : « Je me suis demandé, en tant que président de l’Olympique Lyonnais, si j’avais le droit de négliger une telle "opportunité''. J’avais la conviction qu’il fallait refuser et le dire, mais par contre, je ne savais pas si je devais affirmer : on n’ira jamais. On parlait de sommes tellement énormes… La position de Nasser (Al-Khelaïfi) m’a beaucoup aidé. J’ai été irrité en son temps par la manière et les moyens mis en œuvre par le PSG. Mais à partir du moment où Nasser résistait plus que tous les autres, ça démontrait qu’il fallait suivre le train UEFA et PSG ».

Une brève hésitation qui n’a pas empêché le dirigeant lyonnais de se montrer très circonspect sur cette tentative de coup d’Etat. Et pour cause, l’ECA avait tenu une réunion vendredi pendant laquelle tous les clubs, y compris les 12 traîtres, avaient donné leur accord pour la nouvelle formule de la C1 à partir de 2024. Et puis Agnelli a débranché son téléphone​, ignorant les appels de Ceferin et d’Aulas, entre autres. « L’UEFA avait accepté la demande principale de l’ECA, qui était d’avoir une gouvernance partagée pour gérer les Coupes européennes. C’était d’autant plus incroyable de voir sortir ce projet de Super Ligue. La forme surprend encore plus que le fond. Mais on a été floués et furieux de la manière dont cela s’est passé ».