Coupe de France : Anthony Dauvergne, le héros de Saumur est conseiller en assurances de footballeurs pros

FOOTBALL Samedi, avec l’Olympique de Saumur (N3), cet ancien pensionnaire du centre de formation du PSG a éliminé La Montagnarde (R1) en 16e de finale de la Coupe de France

David Phelippeau

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Anthony Dauvergne, le gardien de but de l'Olympique Saumur.
Anthony Dauvergne, le gardien de but de l'Olympique Saumur. — Philippe Naudin
  • L’Olympique de Saumur (N3), qui a éliminé La Montagnarde en 16e de finale de la Coupe de France samedi, est le petit poucet de la compétition.
  • Dans la cage de la formation saumuroise, Anthony Dauvergne, un ancien du centre de formation du PSG.
  • Depuis plusieurs années, il est conseiller en assurances de footballeurs professionnels comme Juan Bernt ou Santamaria.

Son mobile n’arrête plus de sonner depuis samedi, mais Anthony Dauvergne s’est fixé un point d’honneur à répondre à tous les médias qui le sollicitent. « Je prends le temps de savourer des moments comme ça, raconte celui qui fut le grand héros de l’ Olympique Saumur, tombeur de la Montagnarde (R1) aux tirs au but samedi et nouveau petit poucet pour les 8es de finale de la Coupe de France. On ne vit peut-être ça qu’une fois dans sa vie. Je sais que ça va redescendre donc il faut en profiter. Il faut vivre ça et le kiffer. »

Pour le club du Maine-et-Loire, pensionnaire de N3, cette qualification est historique. Elle l’est aussi pour ce portier, âgé de 32 ans le 15 mars, qui participe à sa 8e saison à l’Olympique Saumur FC. Anthony Dauvergne a flirté avec le monde pro… « Je suis resté cinq années au centre de formation du PSG et j’ai été stagiaire pro. » Puis, la porte s’est refermée sur ses doigts. « Ce n’est pas un manque de chance, mais un manque de talent… », souffle-t-il sans aucune acrimonie.

Conseiller en assurances du Parisien Juan Bernat

A Paris, Anthony fait partie de la génération 1989 avec des N’Gog, Sakho, Sankharé. Il devient même champion de France avec Mulumbu, Chantôme, Mabiala ou encore Mavinga. Son « rêve brisé », il signe alors à Dieppe en CFA 2. « Un retour à la normale très compliqué ». Une seule année en Normandie puis trois à Châtellerault en CFA 2. En 2013, « avec un projet de reconversion derrière », il rallie Saumur, club qu’il n’a pas quitté depuis.

Aujourd’hui, après avoir flirté avec le monde pro, il le tutoie, mais en dehors des terrains. « Je suis courtier en assurance, j’ai créé mon cabinet [Olympe Conseil] il y a deux ans. Et j’ai une branche "assurance et prévoyance des footballeurs professionnels" [en cas de blessures, accidents, etc.]. Le gardien de but de Saumur allie « sa passion avec sa reconversion professionnelle ». Il ne se prend non pour un conseiller du patrimoine et encore moins pour un agent de joueurs. « Je ne touche pas à l’argent, répète celui qui a comme clients Juan Bernat, Santamaria, Abergel et « une société de Varane ». Pour le placement de leur argent, ils sont entourés de fiscalistes. Moi, je ne veux pas être lié à tout ça. Je sers de lien entre la compagnie d’assurances et le joueur. »

Il affirme avoir néanmoins « une vraie proximité » avec ses clients. « Ils savent qu’ils peuvent m’appeler à n’importe quelle heure le soir, je leur répondrai. » Quand l’ancien Angevin Baptiste Santamria a rejoint Fribourg en septembre, Anthony avait « tout préparé en cas de besoin » au moment du départ. « On avait assuré son nouveau contrat s’il y avait eu le moindre souci dans le train… »

« Notre contrat pro à nous »

Ce lundi soir, Saumur connaîtra son adversaire. « Le PSG ça serait le summum, avoue ce père de famille. J’aurais aimé jouer contre Brest ou Lorient car j’ai des clients là-bas… » Mais, les deux clubs bretons ont chuté ce week-end. Ce lundi, Anthony Dauvergne a repris le chemin du travail. Comme tous les lundis. « J’ai dit à l’arbitre Monsieur Stinat avant la série de tirs au but samedi : "Vous savez, quoi qu’il arrive, j’irai bosser lundi matin…". » Quelques minutes après, le portier saumurois stoppait un tir au but décisif… Deux tirs au but plus tard, Saumur était en 8e de finale. « Je suis rentré à 16h chez moi dimanche après avoir fait une 4e mi-temps. J’étais heureux comme un gamin. C’est extraordinaire ce qu’on vit. Pour beaucoup d’entre nous dans l’équipe, c’est notre contrat professionnel cette qualification pour les 8es de finale ! »