Montpellier-Rennes : C'était le Mavididi Day à la Mosson

FOOTBALL L’international U20 anglais a été le grand bonhomme du succès montpelliérain contre Rennes (2-1)

Jérôme Diesnis

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Stephy Mavididi, un Anglais euphorique dimanche au stade de la Mosson.
Stephy Mavididi, un Anglais euphorique dimanche au stade de la Mosson. — P. Guyot / AFP
  • Auteur de deux buts, Stephy Mavididi a également provoqué un penalty, raté par Téji Savanier.
  • A 22 ans, l’international U20 anglais présente un profil atypique, faisant le chemin inverse des très nombreux footballeurs étrangers qui évoluent dans la lucrative Premier League.
  • Acheté 6,3 millions d’euros cet été par Montpellier, il a déjà dépassé son total de la saison dernière à Dijon où il était prêté, malgré des titularisations encore rares.

Ils sont bel et bien de retour. Depuis leur retour de nulle part à Metz (1-1), les Montpelliérains ont retrouvé le sourire. Leur quatrième victoire consécutive (en coupe et championnat) les replace complètement dans la lutte pour la cinquième place, potentiellement qualificative pour une Coupe d’Europe… et sacrément embouteillée.

Le MHSC a confirmé contre Rennes son succès acquis à Lyon (1-2) une semaine plus tôt. Cette fois, l’homme providentiel ne s’appelle pas Skuletic ou Wahi (cinq buts pour ces deux-là depuis un mois), mais Stephy Mavididi. L’international espoir anglais, en retrait du quatuor offensif depuis le déclin de l’équipe en décembre, a réalisé son meilleur match sous les couleurs montpelliéraines, qu'il a rejointes cet été pour 6,3 millions d'euros (jusqu'en juin 2024).

Deux buts marqués, un penalty provoqué

Deux buts sur ses deux premiers tirs, un penalty provoqué (raté par Savanier), un harcèlement permanent des défenseurs rennais et notamment d’un duo Hamari Traoré – Da Silva en souffrance… l’Anglais a été omniprésent. « Il a mis de la vitesse, éliminé ses adversaires. Il a tout bien fait dans ce match, savoure son coach Michel Der Zakarian. C’est ce qu’on attend de lui. Il retrouve un bon niveau physique pour répéter les efforts. »

Positionné à gauche de l’attaque, comme souvent, mais cette fois avec le jeune Wahi à ses côtés dans l’axe en l’absence de Delort, blessé, il dépasse déjà, avec ce doublé, son total de réalisations en L1 avec Dijon une saison plus tôt. « Stephy apporte un profil différent des autres attaquants, mais de façon, je pense, très complémentaire, souligne l’ancien joueur de couloir Geoffrey Dernis. Il est capable de dribbler et d’éliminer ». Démonstration sur le deuxième but avec une merveille de ballon piqué pour éliminer Da Silva, en retard comme souvent dans ce match, et Aguerd. A l’origine, une passe ratée au milieu de terrain, lourde de conséquence, de Martin, l’ex-Montpelliérain.

L’un des rares Anglais à évoluer outre-Manche

Mavididi, à 22 ans, est l’un des rares Anglais venu chercher fortune outre-Manche (ils sont trois en L1 avec le Dijonnais Joathan Panzo et le Lorientais Trevoh Chalobah). Alors que 27 apatrides français usent leurs crampons dans la très lucrative Premier League (où évoluent 62.6 % de joueurs étrangers), Mavididi a choisi l’exil en août 2018 : l’Italie, puis la France, en quête de reconnaissance pour être un jour prophète en son pays.

Désormais six buts à son compteur cette saison en L1, c’est autant qu’à la Juventus. Pas en Serie A, mais deux divisions en dessous, avec les espoirs. Formé à Arsenal (où il a frappé 21 fois avec les U21 puis les U23), il a couché des monuments sur son CV… chez les jeunes uniquement. Avant d’être prêté par la Vieille Dame à Dijon en 2019-2020 puis transféré à Montpellier. Buteur face à Rennes, mais aussi Monaco, Paris et Lens (ainsi que Saint-Etienne), Mavididi s’affirme comme l’homme des grands rendez-vous. Avec l’espoir, un jour, de frapper de nouveau à la porte de ces grands clubs.