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Quand Grande-Synthe lâche la truelle et chausse les crampons
Grande-Synthe, c'est d'abord un décor. Une ville de 21 000 habitants coincée entre Dunkerque et la digue du Break, qui protège les usines sidérurgiques de la violence de la mer. Un taux de chômage à 16,5 %. « On est content de changer de rubrique. D'...Grande-Synthe, c'est d'abord un décor. Une ville de 21 000 habitants coincée entre Dunkerque et la digue du Break, qui protège les usines sidérurgiques de la violence de la mer. Un taux de chômage à 16,5 %. « On est content de changer de rubrique. D'habitude, c'est plus les faits divers », s'amuse Arezki Fatis, le président de l'Olympique Grande-Synthe (DH). Ce cador local du bâtiment est à la tête d'un club atypique, qui s'attaquera à Grenoble, dimanche. Car l'OGS, 3e de DH, a mixé dans son équipe tout ce que la métallurgie a rejeté dans ce coin des Flandres Maritimes : Turcs, Polonais, Marocains... Et le succès est là, enfin. « Avant, on recrutait à l'extérieur des mecs qu'on rémunérait un peu plus. Il y a un an, on était dernier en DH. Maintenant, tout le monde est du coin, il y a une vraie osmose», explique Olivier Versaillies, le vice-président. Ce n'est pas un conte de fée. C'est du pragmatisme. Le budget s'élève à 280 000 euros. L'agglo ne lâche rien pour les clubs en dessous de la CFA. La mairie fait ce qu'elle peut. Et ArcelorMittal n'est pas au mieux de sa forme. « Je ne me vois pas aller taper chez eux en disant : "Eh, on est en 16e, il nous faut une rallonge !" », lance Olivier Versaillies. Grande-Synthe a donc recours aux vieilles ficelles : trois joueurs sont employés dans la société du président, comme l'attaquant Claude Essosso qui a joué en Corée. « Aujourd'hui, je travaille sur les chantiers, j'ai une certaine stabilité. Et c'est à ce moment-là qu'on fait ce parcours ! Dans le foot, il faut compter avec la chance, mais parfois, elle arrive trop tard », explique le Camerounais. Espérons qu'elle soit à l'heure, dimanche, contre les Isérois. ■ A. M.


















