Mort de Maradona : Pour Emmanuel Macron, c’est « le plus grand joueur de football de tous les temps »

FIN DU DEBAT Le chef de l’Etat a présenté ses condoléances notamment « à tous ceux qui ont économisé leur argent de poche pour compléter enfin l’album Panini Mexico 1986 avec sa vignette »

20 Minutes avec AFP

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Maradona soulevant la Coupe du monde de football lors de la victoire de l'Argentine, à Mexico le 29 juin 1986.
Maradona soulevant la Coupe du monde de football lors de la victoire de l'Argentine, à Mexico le 29 juin 1986. — Carlo Fumagalli/AP/SIPA

Emmanuel Macron n’y est pas allé par quatre chemins. Pour lui, il n’y a pas débat : Diego Maradona est tout simplement « le plus grand footballeur de tous les temps ». Le chef de l’Etat a rendu un vibrant hommage au joueur, décédé mercredi à 60 ans, en estimant qu’il était un « artiste », un « génie », un « joueur somptueux ».

« La main de Dieu avait déposé un génie du football sur terre. Elle vient de nous le reprendre, d’un dribble imprévu qui a trompé toutes nos défenses. Voulait-elle, par ce geste, trancher le débat du siècle : Diego Maradona est-il le plus grand joueur de football de tous les temps ? Les larmes de millions d’orphelins y répondent en ce jour par une évidence douloureuse », écrit Emmanuel Macron dans un communiqué. Pour le président français, Maradona a été un « danseur en crampons » dont « le football n’avait rien de récité » grâce à « une inspiration toujours renouvelée » et qui « incarnait la magie du jeu ».

Un match historique

Rappelant la carrière du joueur avec Boca Juniors, Barcelone et Naples, Emmanuel Macron s’arrête sur le quart de finale de la Coupe du monde le 22 juin 1986 à Mexico contre l’Angleterre de Margaret Thatcher en conflit avec l’Argentine sur les îles Malouines. « Il lui restait à écrire l’histoire d’un pays meurtri par la dictature et par une défaite militaire. Cette résurrection a lieu en 1986, dans le match le plus géopolitique de l’histoire du football ». En soulevant le trophée cette année-là, Maradona permet à la coupe de retourner en Argentine. « Cette fois, c’est celle du peuple, pas celle des généraux », remarque le président. « Mais ses expéditions auprès de Fidel Castro comme de Hugo Chavez auront le goût d’une défaite amère », regrette-t-il.

Enfin, le chef de l’Etat y va de sa madeleine de Proust. « A tous ceux qui ont économisé leur argent de poche pour compléter enfin l’album Panini Mexico 1986 avec sa vignette, à tous ceux qui ont tenté de négocier avec leur compagne pour baptiser leur fils Diego, à ses compatriotes argentins, aux Napolitains qui ont dessiné des fresques dignes de Diego Rivera à son effigie, à tous les amoureux de football, le Président de la République adresse ses condoléances émues ».