Mort de Maradona : Quand le « Pibe de Oro » Diego Maradona devait signer à l’OM

FOOTBALL En 1989, l’ancienne star du Napoli était d’accord pour rejoindre Marseille. Ses dirigeants, un peu moins…

Romain Scotto, à Naples

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Le sélectionneur de l'Argentine, Diego Maradona, lors d'un match amical contre la France à Marseille, le 11 février 2009
Le sélectionneur de l'Argentine, Diego Maradona, lors d'un match amical contre la France à Marseille, le 11 février 2009 — L.CIRONNEAU/AP/SIPA

Diego Maradona est mort. Véritable légende du football, l'Argentin s'est éteint à 60 ans d'un arrêt cardiaque à son domicile. 20 Minutes vous propose de relire un article écrit en 2013 évoquant son presque transfert à l'OM.

Après l’histoire de la sardine qui a bouché le Vieux Port, c’est peut-être la plus belle légende que l’on raconte encore à Marseille. Un récit assez irrationnel né durant l’été 1989, mais qui ressurgit logiquement à la veille d’un match de Ligue des champions entre Naples et l’OM. A l’époque, Bernard Tapie voit les choses en grand pour une équipe où il rêve d’intégrer Diego Maradona, le meilleur joueur du monde. Le mieux payé aussi avec deux millions de francs à l’année. Après cinq ans à Naples, il connaît quelques soucis en Italie. L’Argentin doit reconnaître un fils illégitime, noue de dangereuses relations avec la Camorra, la mafia locale, et se dit en fin de cycle en Serie A.

L’occasion est trop belle pour Tapie qui, comme souvent, fomente son coup sur le Phocéa, ancré au large de Cannes. Le président marseillais confie une mission secrète à Michel Hidalgo, le directeur sportif de l’OM. Son but: sonder la star du Napoli et le convaincre de signer avant la fin du mercato. L’enveloppe présidentielle est conséquente, 60 millions de francs, soit la moitié du budget du club. Et un contrat de 4 millions de francs pour trois saisons.

Une maison à Cassis avec des palmiers

« Il a fallu que j’aille chez Maradona incognito avec un avion spécial, raconte le bon Hidalgo. Malheureusement, chez lui, il y avait le baptême ou la naissance d’une petite, je ne sais plus. Il était en nœud papillon et tout, il y avait beaucoup de monde chez lui.» Toute la journée, l’ancien sélectionneur patiente dans la cuisine de la star, accompagné de son agent, Michel Basilevitch. «Il venait tous les quarts d’heure pour me demander: Ça va Mister Hidalgo? A tout à l’heure. L’avion devait me ramener à 19h et on n’avait toujours pas décidé d’une réunion. On a fait décaler le retour pour dîner avec un de ses amis. »

C’est à ce moment-là que le joueur aurait confié son désir de rejoindre l’OM. «Je suis parti avec un homme qui pensait venir. Il était très bien là-bas avec ses quatre voitures. Mais ça n’avait rien à voir avec ce qu’il aurait pu avoir à Marseille. On pouvait lui offrir tout ce qu’il voulait. Il m’avait déjà demandé s’il pouvait avoir une maison en bord de mer, à Cassis, avec des palmiers. Il s’était renseigné sur tout.»

A Marseille vingt ans plus tard

Mais pour des raisons encore nébuleuses, l'affaire s’arrête là. Pour Bernard Tapie, c’est une fuite dans la presse qui aurait fait capoter le transfert. Le patron du Napoli, Corrado Ferlaino aurait alors tout fait pour retenir son joueur, sous contrat jusqu'en 1993. Le prix du transfert passe soudainement à 80 milliards de francs. Et les liens du club avec la Camorra resurgissent peu à peu. «J'avais l'accord écrit du joueur et du club, a indiqué Tapie plusieurs années après. Et puisqu'on ne pouvait pas avoir Maradona, on a eu Waddle pour 45 millions de francs.» Vingt ans plus tard, Maradona a pourtant bien mis les pieds à Marseille. En 2009, c’est en tant que sélectionneur de l’Albiceleste qu’il s’est présenté au Vélodrome. En jogging et avec une bonne petite bedaine. Pas vraiment le genre de «Pibe» que le public marseillais attendait.