Vendée Globe : Des quais vides, des forces de l’ordre en nombre, des gens mécontents pour un drôle de départ

VOILE Compte tenu du contexte sanitaire, le départ de la course s’est déroulé, ce dimanche matin, à huis clos aux Sables d’Olonne

David Phelippeau

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Départ du Vendée Globe 2020 — 20 Minutes
  • Pour la neuvième édition du Vendée Globe, la préfecture de Vendée avait décidé d’un huis clos autour du chenal des Sables d’Olonne.
  • Il fallait avoir un balcon pour assister tranquillement au départ des skippers des pontons.
  • Pour les autres riverains, il fallait se munir d’une attestation car la police était en nombre pour surveiller.

De notre envoyé spécial aux Sables d'Olonne

Aux Sables d’Olonne, on est (très) frustrés, mais on n’en garde pas moins le sens de l’humour. Les 33 skippers, en quittant le chenal, n’ont sans doute pas manqué un message posté sur leur chemin : « Veinards, en mer, il n’y a pas de Covid ! » Des dizaines de banderoles étaient d’ailleurs disséminées dans le chenal sablais que les navigateurs ont traversé de bon matin ce dimanche.

Une banderole au niveau du chenal des Sables d'Olonne.
Une banderole au niveau du chenal des Sables d'Olonne. - LOIC VENANCE / AFP

Il y avait presque plus de calicots et drapeaux que de spectateurs, mais peut-être moins que des forces de police. Contexte sanitaire oblige, le départ de cette 9e édition du Vendée Globe a été donné à huis clos. Tous les quais étaient interdits, les plages fermées. Et la maréchaussée ne rigolait pas avec les règles…

Impossible pour les riverains de la Chaume par exemple de prendre place sur le quai et de voir les skippers de plus près. « Je ne me sens pas privilégiée, c’est honteux, peste Laurence. On nous a même demandé de reculer des ganivelles. » « Mesdames et Messieurs, vérification des attestations s’il vous plaît ! », lance une policière, dépourvu de tout sourire malgré un soleil printanier. « Vous voyez, ils nous contrôlent en plus », râle Jean-Louis.

Au loin, Manuel Cousin, qui habite aux Sables d’Olonne, provoque une grande clameur chez les Chaumois, ayant rempli une attestation leur autorisant une heure de sortie… « C’est un peu ridicule, on habite juste ici et on ne peut même pas aller sur le quai, gronde Julie. Ce qu’on va faire c’est qu’on va aller chercher une autre attestation et on va changer nos vêtements… »

Des chanceux à leur balcon

Mais, attention, les forces de police ont l’œil. « On est même obligés de nous cacher pour regarder des bateaux passer, regrette Françoise. Bon, on pourra quand même dire qu’on y était. » Les dizaines et dizaines d’habitants à leur balcon pourront aussi se targuer d’avoir assisté aux premières minutes de navigation des 33 skippers. Et sans se faire contrôler. « On essaie de regarder le départ, on se débrouille comme on peut avec casserole et jumelles, raconte Florian, qui a un balcon qui donne sur le Port Olona. On voit les skippers au loin, on essaie de leur faire coucou. On préférerait être dehors, mais on n’a pas le droit de sortir ! » Tous ces riverains ont conscience d’être des chanceux, des privilégiés.

Au loin, des drapeaux vendéens s’agitent. D’autres à la gloire de Jean Le Cam et Arnaud Boissières, local de l’étape, sont fièrement affichés. « C’est notre Sablais de cœur, c’est un copain, explique Pascal, accoudé au garde-corps de son balcon donnant sur le quai de la Chaume. On n’a pas le droit de descendre, mais on a quand même vu sur le chenal. On a une pensée pour tous ces gens qui sont devant la télévision et ceux qui n’ont pas pu venir. »

« On a la chance de pouvoir voir les bateaux en direct, concluent en chœur Alexandre et Leïla, aussi positionnés à leur balcon. On habite ici, c’est une chance. On sait que c’est un privilège de voir ça de nos propres yeux. » Et ils étaient effectivement très peu à pouvoir profiter de ça, ce dimanche, pour le départ de la 9e édition.