Ligue des champions : Qui est donc ce tout jeune club de Krasnodar qui va affronter le Stade Rennais ?

FOOTBALL Le club russe a été fondé il y a douze ans par l’une des plus grosses fortunes du pays

Camille Allain

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Rémy Cabella sous les couleurs du FK Krasnodar. Positif au Covid-19, l'ancien Stéphanois va toutefois louper la rencontre face au Stade Rennais ce mardi soir.
Rémy Cabella sous les couleurs du FK Krasnodar. Positif au Covid-19, l'ancien Stéphanois va toutefois louper la rencontre face au Stade Rennais ce mardi soir. — Sputnik/SIPA
  • Pour son premier match de Ligue des champions, le Stade Rennais va affronter le club russe de Krasnodar, également novice dans la compétition.
  • Fondé en 2008 par le milliardaire russe Sergueï Galitski, le club détonne dans son championnat où il affiche un jeu offensif séduisant.
  • Depuis 2016, Krasnodar possède un magnifique stade avec un immense écran géant. 

Ce sera un duel de novices. Ce mardi à 21 h, le Stade Rennais jouera le premier match de son histoire en Ligue des champions face à un autre petit nouveau. Pour son baptême, Rennes va affronter un adversaire méconnu en France mais qui a déjà croisé la route de Lille et Nice ces dernières saisons. Fondé il y a douze ans non loin de la Mer Noire, le FK Krasnodar est géographiquement plus proche de la Turquie que de Moscou. C’est surtout un club qui détonne dans le paysage russe. D’abord par son jeune âge, mais aussi par sa philosophie de jeu, son stade de dingue et ses ambitions sur le long terme. Portrait d’un nouveau venu.

Lorsqu’il a fondé le FK Krasnodar en 2008, l’homme d’affaires Sergueï Galitski aurait pu arroser l’Europe du foot à grand renfort de millions pour s’offrir des stars vieillissantes. Mais contrairement au milliardaire Suleyman Kerimov, qui avait acheté Roberto Carlos, Samuel Eto’o et l’Anji Makhatchkala (oui, on a fait un copier-coller), Sergueï Galitski n’a pas flambé. Fondateur du géant de la grande distribution russe Magnit (l’équivalent de Lidl), le milliardaire est un passionné de football. « C’est ce qui le différencie des autres investisseurs. Quand il a fondé le club en 2008, il a choisi de créer une grande école de foot et voulait que l’équipe pratique un football attrayant », explique Philippe Ray, Français fan du FK Krasnodar.

« Je n’ai jamais vu un vestiaire aussi beau de ma carrière »

En trois ans, son équipe a gravi les échelons, bien aidée par les défections des autres escouades russes. Porté par les garanties financières de son actionnaire, le FK Krasnodar a joué son premier match européen face à un autre club français. C’était en 2014 face au LOSC de René Girard, qui avouait ne pas connaître l’adversaire. Depuis ce premier nul, le club a trusté les premières places du championnat russe, battu Dortmund, étrillé la Real Sociedad, giflé l’OGC Nice et s’est offert un magnifique stade de 35.000 places. Une enceinte sublime dotée d’un système de chauffage pour les supporters et d’un écran de 5.000 m² faisant tout le tour de l’enceinte. « Je n’ai jamais vu un vestiaire aussi beau de ma carrière », assurait l’an dernier Rémy Cabella, qui sera absent ce mardi soir après avoir été testé positif au Covid-19. 

Recruté pour douze millions d’euros il y a un an, l’ancien Stéphanois est le plus gros investissement de l’histoire du club. C’est dire si son patron n’a pas flambé. « Krasnodar a une politique sportive intelligente. C’est l’un des meilleurs centres de formation du pays. Ils forment leurs jeunes, ils les font jouer et souvent, ils les revendent bien », estime Vincent Tanguy, animateur du compte Twitter Footrusse. Marié à une Russe, ce Français originaire de la région nantaise a vécu neuf ans à Moscou. Ce fan du Spartak vante cependant « la fraîcheur » apportée par le FK Krasnodar depuis quelques saisons. « Ils se projettent vers l’avant, c’est souvent plaisant ». Philippe Ray va dans le même sens. « Quand l’équipe était entraînée par Oleg Kononov (2013 à 2016), c’était un régal. On voyait un football vivant, sans cesse porté vers l’avant ».

« Ce qui m’inquiète, c’est la défense centrale »

Depuis 2018, c’est l’ancien entraîneur de la réserve qui a pris les rênes de l’équipe pro (coucou Julien Stéphan). A tout juste 36 ans, Mourad Moussaïev (qui sera également absent à cause d'une angine) aura été le premier à qualifier son équipe en Ligue des champions après une double confrontation face au PAOK Salonique où Cabella marquera deux fois. Douze ans après sa création, Krasnodar touche son rêve du doigt. Mais qui des Bretons ou des Byki (taureau en russe) réussira sa première ? « C’est difficile à dire. Ce qui m’inquiète, c’est la qualité de la défense centrale. Martynovitch a vieilli et le Brésilien Kaio n’offre pas beaucoup de garanties », s’interroge Philippe Ray.

Réputée lourde, la défense centrale va devoir contenir la jeunesse rennaise, qu’on imagine pleine d’envie après avoir entendu l’hymne de la Champions League qui fait rêver tous les gosses. « Si Rennes pousse, je pense que la première demi-heure va être difficile pour Krasnodar », prévient Vincent Tanguy.

Dans une poule qui verra s’affronter dans le même temps les favoris Chelsea et le FC Séville, ce match entre néophytes pourrait offrir un avantage net au vainqueur en vue de la troisième place qualificative pour la Ligue Europa. Voire plus si affinités.