Les copilotes trouvent la voie

DAKAR La symbiose pilote-copilote est fondamentale pour bien naviguer...

Matthieu Goar, à Jacobacci

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Luc Alphand (à droite) et son co-pilote Gilles Picard, lors du rallye d'Europe Centrale le 20 avril 2008.
Luc Alphand (à droite) et son co-pilote Gilles Picard, lors du rallye d'Europe Centrale le 20 avril 2008. — K.Arvai/REUTERS

De notre envoyé spécial à Jacobacci (Argentine),
Dakar2009
Alors que la première spéciale compliquée en termes de navigation est proposée mardi aux concurrents du Dakar (488 km entre Jacobacci et Neuquen dont de longues parties sableuses), la relation pilote-copilote devient primordiale. Théoriquement, les choses sont simples: le pilote s’occupe exclusivement de la conduite et le copilote de la navigation qu’il gère grâce à un GPS, son road book fourni par l’organisation et ses observations du terrain.

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«En fait, tout dépend des pilotes, explique Jean-Paul Forthomme, chirurgien orthopédique et co-pilote d’expérience (12 Dakar) qui a secondé les plus grands. Certains veulent être dirigés, d’autres participent à la navigation et donnent leur avis. Hubert Auriol et Thierry Magnaldi par exemple s’y intéressaient», poursuit le Belge sans lever la tête du road book de l’étape suivante où il surligne les informations importantes.

Le poids des mots

«Personnellement, depuis que je roule avec Gilles Picard, je ne parle plus. Il fait très peu d’erreurs, explique de son coté Luc Alphand. Lors du Dakar 2007, il y avait une décision de nav’ que je sentais bien, instinctivement. Au final, ça nous a couté huit minutes. Maintenant, c’est fini.»

Contrairement au WRC, la navigation fait le sel du rallye-raid. Dans le road book commun à tous les concurrents, les principaux obstacles (dunes, arbre, etc) et les caps à suivre sont consignés. Parfois des dizaines de kilomètres séparent deux indications. Une info mal comprise, un mauvais choix de route et ce sont de longues minutes de perdues. Les équipages ont intérêt à bien se comprendre.

Un vocabulaire précis


«Chez Mitsubishi, nous avons des briefings sur qui fait quoi dans la voiture mais pas sur la façon de communiquer. Chaque équipage a sa propre manière de procéder, révèle Luc Alphand. L’important c’est de se comprendre en utilisant un vocabulaire simple et de le faire rapidement. Par exemple, un T, un 90 degrés ou une équerre c’est la même chose mais tous les pilotes n’utilisent pas tous ces mots»

Ce vocabulaire commun et précis où chaque mot doit être compris instantanément se construit dans l’habitacle, au fur et à mesure des raids. «Moi je veux les indications les plus lapidaires. "Barrière gauche" me suffit. Je n’ai pas besoin qu’on me dise la distance approximative, l’endroit où il faut que je commence mon virage, je sais où il faut que je tourne», raconte Christian Lavieille, cinq Dakar derrière lui mais qui roule pour la première année avec Jean-Paul Forthomme.

«Pour le moment, il me dit trop de choses. On en parle le soir. On s’adapte l’un à l’autre. Et puis de toute façon, quand ça se passe mal, il nous reste parfois 600 kilomètres de liaison pour débriefer.»