Coronavirus et Tour de France : « Ça flippe un peu »… Le Covid-19, menace fantôme au-dessus du peloton

CYCLISME Ce lundi, le Tour de France fait relâche. Mais les résultats des tests PCR passés depuis dimanche peuvent changer la physionomie d’une édition 2020 déjà transformée par l’épidémie de coronavirus

Nicolas Stival
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L'édition 2020 du Tour de France, sous le signe du Covid-19.
L'édition 2020 du Tour de France, sous le signe du Covid-19. — Christophe Ena / AP / Sipa
  • Les résultats des tests PCR passés dimanche et ce lundi par les coureurs du Tour de France et leur encadrement seront connus mardi matin. Deux cas positifs au sein d'une équipe entraîneront l’exclusion de toute l'équipe.
  • L’édition 2020 a appris à vivre avec la menace du Covid-19.

De notre envoyé spécial à Laruns,

C’est une scène qui en dit long sur ce drôle de Tour de France. Interviewé en visioconférence juste après sa conquête du maillot jaune, dimanche à Laruns, Primoz Roglic toussote trois fois dans son masque au cours de son intervention. Un phénomène on ne peut plus banal, mais qui cette année déclenche des échanges de regards entendus entre journalistes réunis dans le complexe sportif de la plaisante cité béarnaise, à 800 mètres de la ligne d’arrivée et du cador slovène.

Le spectacle épatant de ce week-end pyrénéen n’a évidemment pas dissipé la menace du Covid-19 qui pèse sur le peloton. Le virus a déjà chassé la Grande Boucle de son créneau habituel de juillet, pour la repousser en septembre. Il se rappelle de nouveau à l’énorme machine sportivo-logistique ce lundi, jour de repos en Charente-Maritime, avec la fin de la vague de tests PCR commencée dimanche avant le départ de la neuvième étape, à Pau.

La « bulle course » doit « repartir saine » mardi

Directeur de l’épreuve, Christian Prudhomme a délivré un discours volontariste dimanche soir sur France Info : « Au départ de Nice, il y a eu deux tests, il y en a un nouveau ce week-end, il y en aura un nouveau la semaine d’après pour que la bulle course soit saine et reparte saine quels que soient les résultats mardi, pour l’échappée maritime entre l’île d’Oléron et l’île de Ré. »

650 coureurs et membres des équipes, qui forment la fameuse « bulle course », ont été testés. Si deux cyclistes ou deux personnes d’une même équipe sont positifs, l’équipe entière sera tout simplement exclue. S’il y a un seul cas, celui-ci sera placé en quatorzaine. ASO, organisateur du Tour, et l’Union cycliste internationale (UCI) communiqueront mardi matin les résultats qui ajoutent encore une part d’incertitude à cette édition 2020 déjà indécise.

« Forcément, ça flippe un peu », confiait dimanche en off un membre d’ASO. Même si, comme l’indique Prudhomme, « tout a été fait pour que la bulle course du Tour de France soit saine ». Jauges de public établies en accord avec les préfectures, mise à distance des spectateurs et des journalistes, tous obligés d’être masqués, avec pour la partie médias, l’avènement de la communication en visio, via WhatsApp, Zoom ou Telegram.

Ce week-end, de ce que l’on a pu voir, les consignes sanitaires délivrées via des affiches, des messages audio et des clips vidéo avec Thibaut Pinot ont été massivement respectées à Loudenvielle puis à Laruns, aux arrivées d’étapes. Mais des équipes et des coureurs se sont émus du comportement de certains fans en montagne, notamment samedi dans le col de Peyresourde.

« On espère finir le Tour, alors on ne peut pas avoir des gens qui hurlent sans masque », tonnait dimanche matin le Néerlandais Tom Dumoulin, lieutenant de luxe de Roglic chez Jumbo-Visma. Si le coronavirus le veut bien, la course doit arriver le 21 septembre sur les Champs-Elysées.