Violences dans le sport : « Notre mobilisation est totale et sans concession », assène Roxana Maracineanu

VIOLENCES La ministre des Sports a fait un point d'étape de son plan de lutte contre les violences ce mercredi 

Nicolas Camus

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Roxana Maracineanu lors de la convention nationale sur les violences dans le monde du sport, le 22 février 2020.
Roxana Maracineanu lors de la convention nationale sur les violences dans le monde du sport, le 22 février 2020. — Tristan Reynaud/SIPA
  • Roxana Maracineanu a organisé une conférence de presse ce mercredi pour faire état de l'avancée de son plan d'action contre les violences sexuelles dans le monde du sport. 
  • La ministre des Sports a expliqué avoir reçu depuis février plus de 2000 signalements. 
  • 177 personnes, issues de 40 fédérations différentes, sont actuellement mises en cause et 16 sont incarcérées. 

Le « temps 2 » est lancé. Un peu plus de quatre mois après sa mise en route, le plan de lutte contre les violences – notamment sexuelles – dans le sport s’est étoffé. La ministre des Sports Roxana Maracineanu en a dévoilé les premiers résultats et les contours à venir, ce mercredi, lors d’une conférence de presse. « Notre mobilisation est totale et sans concession », a asséné la ministre, qui a passé la vitesse supérieure sur le sujet après les révélations de la patineuse Sarah Abitbol, suivies de beaucoup d’autres, en début d’année.

Depuis, le ministère a reçu plus de 2000 signalements de violences présumées. Il y a actuellement 177 personnes mises en cause, dans 40 fédérations différentes. 78 % des victimes sont des femmes, et 98 % des victimes étaient mineurs au moment des faits. Pour en terminer avec les chiffres, 88 procédures judiciaires sont en cours concernant ces affaires, et 16 personnes sont actuellement incarcérées.

Un référent par Fédération pour s’occuper de ces questions

Roxana Maracineanu, accompagnée de la déléguée ministérielle en charge de ces questions, Fabienne Bourdais, a insisté sur la problématique du contrôle d’honorabilité. Ce contrôle sert à vérifier si un éducateur professionnel n’apparaît pas dans le FIJAIS, c’est-à-dire le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Il est automatique, mais ne concerne que ceux qui détiennent une carte professionnelle. Or, beaucoup ne la demandent pas, pour diverses raisons. Et peuvent ainsi passer au travers.

De même, les bénévoles ne sont pas concernés par ce contrôle automatique. Un temps révolu. L’objectif est qu’il soit mis en place pour tous au 1er janvier 2021, comme nous l’avait indiqué Fabienne Bourdais dans une interview ce mercredi matin. La ministre des Sports a également annoncé qu’un référent par fédération avait été ou sera nommé pour gérer spécifiquement la question des violences. « Les Fédérations se sont mobilisées immédiatement pour mettre en place ce qui pouvait l’être malgré la crise sanitaire. 64 ont désigné leur correspondant », a indiqué le président du CNOSF Denis Masseglia.

Ce dernier assure que la prise de conscience est en train d’opérer. « Les Fédérations abordent le sujet de manière beaucoup plus ouverte », dit-il. « Je remercie les victimes qui ont eu le courage de témoigner. Chaque maillon de la chaîne doit assumer ses responsabilités pour construire un environnement serein pour le futur », a ajouté Roxana Marcineanu.

L’accompagnement des victimes, de ceux qui recueillent la parole sur ces sujets délicats et la formation des éducateurs doivent maintenant être renforcés. « Le chantier est énorme pour écarter les agresseurs des terrains de sport, a rappelé la ministre. On veut positionner le sport comme l’endroit où l’on peut travailler sur l’éducation et la prévention. Le rapport au corps est un sujet qui n’est pas trop abordé à l’école ni dans la famille. Pouvoir le faire dans un lieu tiers, c’est une bonne chose. Le sport doit servir à ça. »