Coronavirus : « Il devrait ressentir une certaine responsabilité »… Le circuit en veut à Djokovic pour l’Adria Tour

TENNIS Plusieurs joueurs ont été testés positifs au Covid-19 en marge de l’Adria Tour de Novak Djokovic

W.P.

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Novak Djokovic, à Zadar
Novak Djokovic, à Zadar — CHINE NOUVELLE/SIPA

La cote de popularité de Novak Djokovic tire la tronche depuis l’annonce du test positif de Grigor Dimitrov au coronavirus – bientôt suivi par Borna Coric et Viktor Troicki – en marge de l’Adria Tour, tournée organisée par Nole dans les Balkans au détriment de toute règle sanitaire. Il n’y a guère que Richard Gasquet pour défendre le numéro 1 mondial. Le Biterrois, dans L’Equipe :

« Ce n’est pas Djokovic le fautif. Ce n’est pas lui qui a mis un pistolet sur la tempe des mecs pour exiger qu’il y ait 5 000 spectateurs. C’est le gouvernement qui a choisi d’accueillir ces 5 000 personnes en un seul lieu. Mais c’est sûr que tout ce monde, c’était délirant… »

Colère et déception

Le ton est un peu plus offensif chez Nick Kyrgios, que l’on retrouve non sans plaisir dans le rôle inédit du donneur de leçons. « Décision débile de faire l’exhibition, voilà ce qui arrive quand on ne respecte pas les protocoles. Ce N’EST PAS UNE BLAGUE », a tweeté l’Australien.

Egalement interrogé lundi par L’Equipe, l’Americain Noah Rubin s’est dit déçu par Novak Djokovic. « J’attends de voir ce qu’il va advenir de sa position de président du conseil des joueurs. Évidemment que je suis déçu. Novak est un exemple pour des millions de gens. » Notamment pour les plus jeunes. Et c’est bien ce qui inquiète le vice-président de la Fédération allemande Dirk Hordoff.

« Comment puis-je expliquer à mes jeunes qu’ils doivent respecter les distances quand Djokovic organise des farandoles sur le court ? C’est une image catastrophique. Il ne s’agit pas que des joueurs, il y avait une centaine de jeunes en contact avec eux. Il n’y a aucune règle sanitaire et on montre tout ça fièrement en vidéo, les bras m’en tombent ».

Une leçon

Et encore, s’il ne s’agissait que de farandoles sur le court, on n’aurait sans doute pas entendu Daniel Evans. Le Britannique a critiqué les fêtes et autres matchs de basket ou de foot organisés par Djoko avec les autres joueurs en marge du tournoi. « Je ne pense pas qu’il faille organiser une fête entre joueurs et ensuite danser tous ensemble. Il [Djokovic] devrait ressentir une certaine responsabilité. »

Enfin, Andy Murray, que l’on retrouvera lors de la « Battle of Brits » organisée par son frère Jamie, autrement plus tatillon sur les mesures sanitaires​, voit dans ce fiasco une bonne leçon. « Une fois que vous commencez à avoir des rassemblements de masse avec des personnes venant de différents pays, vous avez les ingrédients pour que ça redémarre, a-t-il déclaré à la BBC. C’est donc une sorte de leçon pour nous tous de prendre cela très au sérieux et de mettre en place autant de mesures de sécurité que possible. »