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«Peut-être une renaissance»... Comment les maires vivent le report du Tour

Coronavirus: « Le premier jalon d’un retour à la vie normale »... Comment les maires vivent le report du Tour de France

CYCLISMELe Tour de France a été décalé à la toute fin de l'été, du 29 août au 20 septembre
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le Tour de France, qui devait initialement partir le 27 juin, aura finalement lieu du 29 août au 20 septembre en raison de l'épidémie de coronavirus.
  • Les villes concernées par les départs et les arrivées des étapes vont devoir s'adapter.
  • Les maires, s'ils savent que l'ambiance et les retombées ne seront pas les mêmes à la rentrée qu'en plein été, sont heureux que la course ait quand même lieu.

Tous les repères qui volent en éclat. Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, l’a bien fait remarquer, mercredi, au moment d’annoncer les nouvelles dates de la course : jamais la Grande Boucle ne sera partie aussi tard dans la saison. De fait, voir la caravane s’élancer fin août alors qu’on sera en train de choisir le cartable du petit dernier et enchaîner l’arrivée sur les Champs et le premier tour de Richard Gasqet à Roland-Garros le lendemain alors que les jours commencent sérieusement à raccourcir, c’est un truc à vous faire skier en juillet l’été suivant.

Ça va faire bizarre à tout le monde, mais évidemment, le fan de sport se remettra de ces petits tourments, insignifiants face à la gravité de la pandémie de coronavirus. Au moins, le Tour aura lieu, contrairement à des centaines d’autres événements. C’est ce que retiennent, globalement, les maires des villes-étapes concernées par cette 107e édition. Christian Prudhomme les a tous appelés en personne mardi pour leur annoncer la nouvelle.

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« C’est une bonne chose que le Tour soit préservé, souffle Michel Galmiche, qui dirige la commune de Plancher-les-Mines, théâtre du final d’un contre-la-montre qui s’annonce grandiose en haut de la Planche des Belles Filles, la veille de l’arrivée. Ce sont des circonstances vraiment exceptionnelles, donc il faut s’adapter. On le fera de bon cœur. Cette course mythique aura bien lieu, avec du public, l’essentiel est là. »

Question adaptation, l’édile haut-saônois ne se fait pas trop de mouron. La force de l’habitude, sûrement. Ce sera la cinquième fois qu’il accueillera le Tour depuis 2012. « Ça s’est toujours très bien passé, note-t-il en souriant. Tout le monde sera opérationnel en septembre, il n’y a aucun souci. » Son homologue de Châtel-Guyon (Auvergne), d’où partira la 13e étape le 11 septembre, n’est pas inquiet non plus. Il n’y avait pas d’aménagements routiers spécifiques à prévoir, et question logistique, ASO s’occupe de tout. Seulement, toutes les animations autour de cet événement sont à redéfinir.

« Ça ne rattrapera pas tout, mais ce sera une bouffée d’oxygène »

C’est la première fois que cette commune d’un peu plus de 6.000 habitants marque le point de départ d’une étape. Forcément, beaucoup de choses avaient été imaginées pour se mettre à la hauteur de cet « événement du siècle », comme le qualifie Frédéric Bonnichon, volontairement exalté.

« On comptait monter en puissance sur les deux-trois mois précédents, en impliquant les commerçants, les écoles, etc., détaille-t-il. Tout ça, on ne pouvait plus l’organiser. On va essayer de remettre les choses en place à partir de la mi-juillet. On espère que cela marquera la renaissance du tourisme dans la région. Tout le monde aura envie de participer à ça, en tout cas. » »

Avec l’inauguration, initialement prévue mi-avril et repoussée dans le courant du mois de juillet, des renommées thermes de la ville, transformées en complexe santé flambant neuf, cette période est très attendue. « Ces deux rendez-vous peuvent permettre aux professionnels du tourisme de réussir leur arrière-saison, espère le maire. Ça ne rattrapera pas tout, mais ce sera une bouffée d’oxygène, quand même. »

« L’ambiance ne sera pas tout à fait la même »

A La Tour du Pin aussi, on avait vu les choses en grand. Et pour cause, la ville-départ de la 16e étape, qui emmènera les coureurs à Villard-de-Lans, avait l’honneur d’accueillir le Tour à une date très particulière : le 14 juillet, jour de la fête nationale. Le soleil, les nombreux étrangers en vacances dans le coin, du bleu-blanc-rouge partout… Fabien Rajon s’y voyait déjà. Naturellement, le 15 septembre, en semaine, l’ambiance ne sera pas tout à fait la même. Le maire, s’il est ravi que la course soit maintenue, ne cache pas une petite pointe de déception.

« On voulait capitaliser sur cette date du 14 juillet pour organiser tout un tas de choses, dit-il. La donne change très largement. Ce sera le Tour de France, mais toute l’ambiance, les à-cotés, qui représentent quand même des choses qui ne sont pas accessoires, seront différents. Il y aura eu la rentrée scolaire, et la crise du coronavirus sera peut-être toujours d’actualité, ou au moins dans les esprits. Le pays sera encore convalescent. »

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Les retombées économiques seront moindres, aussi. Pour tout le monde. « Etre ville-départ coûte 60.000 euros, mais en tant normal c’est très rentable car pour 1 euro investi, 6 à 8 reviennent dans la ville (commerçants, hôtellerie, etc.), reprend Fabien Rajon. Là, on ne sait pas ce que ça va donner. » Malgré ces aléas, l’optimisme l’emporte. « Peut-être que la venue du Tour mi-septembre sera le premier jalon d’un retour à la vie normale, le premier événement festif, populaire, gratuit, où les gens pourront se rassembler et qui nous fera sortir de cette période difficile. »

Un discours qui accompagne celui du patron de la course. « Le report du Tour n’empêchera pas son succès populaire », (r)assure Christian Prudhomme. « C’est une bonne nouvelle dans un contexte où il n’y en a pas beaucoup, observe l’Auvergnat Frédéric Bonnichon. C’est une info positive, qui recréé une perspective de sourires et de joie partagée. » De toute façon, tout le monde est d’accord. Le Tour, c’est mieux en juillet, quand on peut aller se faire un petit apéro-pétanque une fois les coureurs arrivés. Mais en ce moment, tout est bon à prendre.