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GPS (ou pas), WhatsApp… Comment rester une équipe en plein coronavirus

Coronavirus : Entraînement à la carte, GPS (ou pas) et WhatsApp… Comment rester une équipe en plein confinement

SPORTEn cette période de confinement pour cause de coronavirus, sportifs professionnels et encadrements doivent improviser pour garder l’effectif en forme, mais aussi conserver une cohésion d’équipe
N. S. avec T. G. et C. C.

N. S. avec T. G. et C. C.

L'essentiel

  • Toutes les compétitions et les entraînements collectifs sont à l’arrêt pour une période indéterminée, alors que la population est confinée chez elle afin de lutter contre le coronavirus.
  • Des préparateurs physiques de Strasbourg (Ligue 1) et Valenciennes (Ligue 2), mais aussi le rugbyman Marco Tauleigne et la handballeuse Laura Flippes évoquent ce nouveau quotidien.
  • Sportives et sportifs professionnels doivent garder la forme physique, mais aussi ne pas se couper de l’encadrement et du reste de leur équipe.

Thauvin, Pavard, De Ligt… En ces temps de confinement pour cause de coronavirus, de nombreux footballeurs ont relevé le « PQ challenge » sur les réseaux sociaux. « Si ça peut leur faire un moment de détente, pourquoi pas ? rigole Florian Bailleux, préparateur physique du RC Strasbourg. Sur les trois ou quatre jongles, ça ne risque trop rien. » Mais ce n’est pas en apprivoisant des rouleaux de papier toilette que les sportifs et sportives pros vont garder la forme d’ici la reprise de la compétition, à une date que personne ne connaît aujourd’hui.



« On ne sait pas où on va, relève Bailleux. Le but premier est de leur trouver des programmes individualisés pour qu’ils s’entretiennent. Un sportif de haut niveau est comme une Formule 1 : il a besoin d’avoir toute sa mécanique en place pour se sentir bien. » Si les Strasbourgeois – qui avaient repris la saison très tôt pour cause de Coupe d’Europe – sont au repos jusqu’à dimanche inclus, d’autres marnent déjà. Comme les footballeurs de Valenciennes (Ligue 2), par exemple.

« On essaye d’anticiper au maximum pour que le phénomène de désentraînement ne se fasse pas sentir, lance Emmanuel Vallance, le préparateur physique de VA. Les séances individualisées ne remplacent pas les collectives, il n’y a pas l’intensité. » Mais bon, faut bien bosser dans son coin quand même.

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Comme Laura Flippes, handballeuse internationale de Metz. « Je ne touche pas au ballon, je ne vais pas m’y amuser dans mon appartement. On a le droit d’aller courir, donc je peux clairement m’entretenir. Ce n’est pas l’idéal, c’est sûr, mais le programme est largement suffisant pour tenir une forme convenable. »

« De la muscu avec des bouteilles d’eau »

Tout le monde n’a pas un équipement de pointe pour s’entraîner dans sa maison ou son appartement. Alors, ça bricole. « Je fais de la muscu avec des bouteilles d’eau plutôt que des poids, détaille l’arrière droite. J’ai des élastiques, le strict minimum. Avec le poids du corps, on peut déjà faire plein de choses de toute façon. »

Le programme concocté pour les Messines commence ce jeudi, comme celui des rugbymen de l’Union Bordeaux-Bègles. « C’est adapté selon les postes, précise Marco Tauleigne, le troisième ligne aux quatre sélections avec le XV de France. Cela ressemble un peu à des séances de présaison avec pas mal de courses. Par exemple jeudi, on doit faire un footing. Vendredi des courses à haute intensité. Lundi, on repart sur du footing… Il y a aussi des exercices de musculation à faire. Mais au lieu d’avoir des barres à soulever, ce sont des exercices avec simplement le poids du corps. »

Le maître mot de cette situation inédite : l’adaptation. Le Strasbourgeois Florian Bailleux a ainsi préparé « un programme sur 15 jours », avec, au quotidien, une heure de course et une heure de renforcement. « On ne leur a pas donné de GPS, on leur fait confiance ». A Valenciennes, les joueurs ont bien ces outils à disposition. « On essaye de les orienter vers des applis comme Strava ou Runkeeper pour voir le travail effectué », ajoute Emmanuel Vallance. « On nous demande de nous peser, poursuit Tauleigne. Certains ont sûrement peur de prendre du poids mais moi, j’ai surtout peur d’en perdre. »

« Tout le monde est encore concentré sur la saison actuelle »

Et la notion d’équipe dans tout ça ? Faute de retrouver au quotidien les coéquipiers que l’on apprécie (et les autres), les sportifs ont leurs groupes WhatsApp ou autres réseaux sociaux. « On échange beaucoup et pour l’instant, on sent que tout le monde est encore concentré sur la saison actuelle », promet Marco Tauleigne, dont l’UBB trône au-dessus d’un Top 14 en suspens. « Je suis en contact avec quelques joueuses, lance Laura Flippes. Mon moral est bon. C’est inquiétant, mais je ne vais pas commencer à paniquer. »

« On est aussi en lien avec le staff, note Tauleigne. Christophe [Urios, le manager] nous envoie régulièrement des mails pour nous tenir au courant. » Les téléphones chauffent aussi entre salariés d’un même club. « Les joueurs peuvent m’appeler quand ils veulent ou s’ils ressentent une douleur », explique Florian Bailleux, en lien permanent avec l’entraîneur strasbourgeois Thierry Laurey et son adjoint Fabien Lefèvre.

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« Les préparateurs physiques de Ligue 1 et de Ligue 2 se connaissent quasiment tous, ajoute son collègue valenciennois Emmanuel Vallance. On est tous dans la même situation et on regarde ce qui se fait à droite ou à gauche. » Tout en naviguant à vue, sans savoir quand la compétition reprendra. Ni même l’entraînement collectif.