Coronavirus: «Du cas par cas», pour l'instant... Comment le sport français se coordonne face à l’épidémie

EPIDEMIE La ministre des Sports Roxana Maracineanu a convié les acteurs du sport français à une réunion d'information et de coordination ce mardi matin

Nicolas Camus
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La ministre des Sports Roxana Maracineanu a réuni les représentants des ligues professionnelles et du mouvement sportif pour évoquer le coronavirus, mardi 3 mars 2020.
La ministre des Sports Roxana Maracineanu a réuni les représentants des ligues professionnelles et du mouvement sportif pour évoquer le coronavirus, mardi 3 mars 2020. — Philippe LOPEZ / AFP
  • La France a annoncé mardi un quatrième décès lié au nouveau coronavirus et les autorités se préparent à une nouvelle intensification de l'épidémie qui a dépassé les 200 cas.
  • Les acteurs du monde du sport cherchent à se coordonner pour savor si les compétitions doivent être annulées ou non, ou se tenir à huis clos.
  • La ministre des Sports Roxana Maracineanu a réuni les représentants des ligues professionnelles et du mouvement sportif mardi matin pour évoquer ces questions.

Comment faire pour continuer à organiser des compétions sportives tout en participant à l’effort national contre la propagation du coronavirus ? C’est pour répondre à cette question que la ministre des Sports  Roxana Maracineanu a convié mardi matin les représentants des ligues professionnelles et du mouvement sportif. Pendant une bonne heure et demie, ils ont échangé sur les pratiques à adopter dans le circuit de décision et dressé une cartographie des événements à venir pour avoir une visibilité sur la localisation des athlètes.

« Nous voulons maintenir un dialogue avec tous les acteurs, explique Karim Herida, le directeur de cabinet de Maracineanu. La France n’a pas pris la décision, comme d’autres pays, d’annuler massivement tous les événements. Nous souhaitons faire du cas par cas, mais cela nécessite une grosse coordination. » On s’en tient donc pour l’instant aux deux mesures annoncées par le ministère de la santé samedi : l’annulation des événements de plus de 5.000 personnes en milieu confiné et celle des rassemblements extérieurs jugés à risque.


En l’état, les matchs de Ligue 1 et de Top 14, par exemple, ne sont soumis à aucune restriction particulière. La course Paris-Nice, qui aura lieu du 8 au 15 mars, non plus. Mais ce ne sont là que des recommandations. « Les décisions sont à la main des préfets, a précisé la ministre. Le but est que notre expertise puisse nourrir les réunions au niveau local dans lesquelles sera décidée la tenue ou non d’événements. »

« Ne pas surréagir »

Cela veut dire que, concrètement, même si le ministère assure qu’il n’y a pas de raison d’annuler Paris-Nice, un préfet peut tout à faire décider que c’est trop risqué et qu’il ne veut pas voir la course passer par son département. Ou un maire par sa commune.

Présente à la réunion, la présidente de la Ligue de football Nathalie Boy de la Tour s’est félicité qu’un report des matchs ne soit pas à l’ordre du jour. Le protocole d’avant-match mis en place le week-end dernier, avec des joueurs, entraîneurs et arbitres invités à ne pas se serrer la main, est reconduit jusqu’à nouvel ordre. « Annuler les matchs, ce serait ajouter à la panique, je crois. Toutes les régions ne sont pas victimes d’une contamination importante », a de son côté lancé Noël Le Graët, le président de la FFF, en marge du Congrès de l’UEFA auquel il participe à Amsterdam.

Bientôt le stade 3 ?

Au passage, l’instance européenne se réunissait elle aussi ce mardi pour évoquer le virus et a appelé « à ne pas surréagir ». Cela semble être, pour l’instant, le mot d’ordre des décideurs. Mais tout cela est précaire. La France, actuellement au stade 2 d’alerte sanitaire, pourrait basculer dans les jours à venir au niveau 3. Le but ne serait alors plus de freiner la diffusion du virus mais de limiter la vague épidémique. Toutes les mesures appliquées aujourd’hui dans les zones à risque seraient généralisées à tout le territoire : restrictions drastiques des déplacements des personnes, confinement, fermetures d’établissements publics, etc.

Le sport ne serait bien sûr pas épargné. Cela changerait tout. « On sait bien que l’état du virus est évolutif, et donc nos mesures le sont aussi », dit Roxana Maracineanu. En attendant, une nouvelle réunion est prévue mercredi après-midi, cette fois au siège du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), avec tous les présidents de fédérations, les directeurs techniques nationaux et les organisateurs d’événements sportifs, comme ASO, qui gère (entre autres) Paris-Roubaix ou le Tour de France.