Pro D2 : « Ce serait extraordinaire »… Sensation de la saison, Colomiers ne dirait pas non au défi du Top 14

RUGBY Colomiers joue les tout premiers rôles en Pro D2 cette saison. Même si ce n’est pas l’objectif déclaré, le club haut-garonnais ne renoncerait pas à une éventuelle montée en Top 14, malgré des moyens limités

Nicolas Stival

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Les Columérins du capitaine Aurélien Béco, ici contre Nevers dimanche, sont inarrêtables cette saison en Pro D2.
Les Columérins du capitaine Aurélien Béco, ici contre Nevers dimanche, sont inarrêtables cette saison en Pro D2. — Jean-Louis Mével / Colomiers Rugby
  • Ce vendredi à Mont-de-Marsan, Colomiers vise une dixième victoire d’affilée en Pro D2, ce qui lui permettrait de reprendre la tête du championnat.
  • Le club de la banlieue de Toulouse, place forte du rugby français au tournant du millénaire, a pour principal objectif une place dans les quatre premiers, afin d’aborder les phases finales en position de force.
  • S’il venait à monter en Top 14, 16 ans après son dernier passage dans l’élite, le voisin et partenaire du Stade Toulousain se doute que la tâche serait immense. Mais il ne la refuserait pas, assure le président Alain Carré.

La dernière fois que Colomiers a fréquenté l’élite du rugby français, en 2003-2004, Jacques Chirac dormait à l’Elysée et la première division s’appelait encore le Top 16. Depuis, la formation de la banlieue toulousaine a fait trois plongeons en Fédérale 1. Mais aujourd’hui, à six étapes de la fin de la phase régulière, le club de la Colombe plane sur la Pro D2. Ce vendredi à Mont-de-Marsan, il peut aligner un dixième succès d’affilée et récupérer ainsi le fauteuil de leader chipé jeudi soir par Perpignan, vainqueur à Biarritz (18-22) en match avancé de la 21e journée.

« L’an dernier, à pareille époque, nous étions relégables, à sept points du premier non-relégable, rappelle le président Alain Carré. Les joueurs sont revanchards, nous sommes à peu près épargnés par les blessures et nos coachs [Julien Sarraute et Fabien Berneau] avancent ensemble. »

Alain Carré, le président de Colomiers Rugby.
Alain Carré, le président de Colomiers Rugby. - Jean-Louis Mével / Colomiers Rugby

Les Columérins ont déjà leur place réservée en phases finale, avec un matelas de 18 points d’avance sur Vannes, septième. L’alliance des « grognards », comme le capitaine Béco et le Roumain Macovei, de recrues de choix (le demi de mêlée italien Gori, l’ailier fidjien Vici…) et de jeunes très prometteurs (Barlot, Manukula), fonctionne parfaitement. Mais le patron du club, en poste depuis 2004, voit encore plus haut. « Si on pouvait finir dans les quatre premiers, ce serait un truc incroyable ! »

La montée est encore loin

Petit point sur la formule, simple comme bonjour : les deux premiers de Pro D2 se qualifient directement pour les demi-finales, alors que le troisième et le quatrième disputent leur barrage à domicile, contre le sixième et le cinquième. Le vainqueur de la finale monte en Top 14, le battu joue un match d’accession contre le 13e de l’élite.

La pente est forte mais la route est droite, même si elle est encore longue pour Colomiers, qui ne « veut surtout pas être suffisant ». Mais, si la belle aventure va au bout… « Si les mecs sur la pelouse gagnent la montée, je vais les accompagner, assure Alain Carré. On essaierait alors de faire un groupe avec un objectif de maintien. »

Le deuxième ligne Alexandre Manukula, l'un des deux joueurs prêtés par le Stade Toulousain à Colomiers avec le pilier Hugo Pirlet.
Le deuxième ligne Alexandre Manukula, l'un des deux joueurs prêtés par le Stade Toulousain à Colomiers avec le pilier Hugo Pirlet. - Jean-Louis Mével / Colomiers Rugby

Dans ce cas, l’un des poids moyens de deuxième division en termes de budget (7,5 millions d’euros) deviendrait un poids paille à l’étage au-dessus.

« On tournerait à 11 ou 11,5 millions, soit le plus petit budget de tous les temps, mais ce serait extraordinaire »

Bien sûr, il ne s’agirait plus de tutoyer les sommets, comme à la belle époque de l’actuel sélectionneur des Bleus Fabien Galthié et de Jean-Luc Sadourny, lors de la trilogie magique : victoire en Challenge européen (1998), finale de la Coupe d’Europe (1999) puis du championnat de France (2000). « On va nous dire : vous n’allez pas gagner un match en Top 14, observe Alain Carré. Peut-être. Mais si on en gagne un, on sautera partout ! »

Le Stade Toulousain, puissant voisin et partenaire

Le club de cette ville de près de 40.000 habitants retrouverait alors le goût des derbys avec le grand voisin du Stade Toulousain, un partenaire plus qu’un rival pour Colomiers : après l’arrière désormais international Thomas Ramos voici trois saisons, c’est le pilier Hugo Pirlet (déjà présent l’an dernier) et le deuxième ligne Alexandre Manukula que l’actuel champion de France a expédiés en prêt du côté du stade Michel-Bendichou. Le duo reviendra à Ernest-Wallon cet été, mais un accord au niveau des centres de formation est à l’étude, montée dans l’élite ou pas.

« Il y a de la place pour avoir un grand club de Top 14 et un bon club de Pro D2 qui joue les premiers rôles », assène le dirigeant columérin. « Un bon club », qui ne s’interdit pas de mettre de temps en temps le nez à l’étage au-dessus, si l’occasion se présente…