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L'impact des incendies sur la santé des joueurs, une vraie menace?

Open d’Australie : L’impact des incendies sur la santé des joueurs peut-il menacer la tenue du tournoi ?

TENNISLa situation s'améliore à Melbourne, mais elle pourrait redevenir critique dans les jours à venir
Nicolas Camus

N.C.

L’Open d’Australie pourrait-il être annulé ? Si la question reste évidemment secondaire face à la catastrophe écologique en cours, les incendies qui continuent de ravager trois Etats, dont celui de Victoria où se dispute le tournoi, font peser la menace. Les organisateurs ont fait savoir mardi matin qu’un tel scénario, qui constituerait une grande première dans l’histoire des tournois du Grand Chelem, n’était pour le moment pas envisagé.

« Au vu des informations dont nous disposons pour l’instant – avec les qualifications qui ont lieu la semaine prochaine – les prévisions sont bonnes, a assuré le patron de la Fédération australienne Craig Tiley. Nous ne prévoyons aucun retard et nous avons mis en place des mesures supplémentaires afin de garantir que le tournoi puisse se dérouler comme prévu. »

Les joueurs ont pourtant fait part de leurs craintes. Lundi matin, la quantité de particules fines dans l’air a atteint 163 microgrammes par mètre cube d’air. Une pollution beaucoup, beaucoup trop élevée pour ne serait-ce qu’envisager faire du sport pendant un quart d’heure. « Jusqu’à 50 microgrammes par mètre cube d’air, il est encore bénéfique de faire du sport par rapport à la sédentarité, jusqu’à une heure par jour, explique Anne Lassman-Trappier, référente qualité de l’air à France Nature Environnement. Au-delà, c’est dangereux et aux niveaux dont vous me parlez, c’est extrêmement toxique pour la santé. »

Les risques pour l’organisme sont nombreux. « A court terme, déjà, il y a des conséquences cardiaques. Un pic de pollution entraîne systématiquement une forte augmentation du nombre d’accidents cardio-vasculaires, même quand il n’est pas très élevé (de 50 à 80 microgrammes), poursuit la responsable. Il peut aussi y avoir des effets à long terme, qui dépendent aussi de l’endroit où vivent les sportifs, s’ils sont exposés de manière chronique ou non à la pollution. Elles sont d’ordre respiratoire : asthme, infections bronchiques, et dans les cas extrêmes jusqu’au cancer du poumon. »

Du mieux, mais une situation encore très aléatoire

Dès lors, l’enjeu est majeur. « Nous avons consacré des moyens supplémentaires considérables pour l’analyse, le suivi et la logistique tout au long du tournoi, a promis Craig Tiley. Sur place, il y aura des experts en météo et en qualité de l’air qui analyseront tous les données disponibles en direct et évalueront en temps réel la qualité de l’air au Melbourne Park. »

Les nouvelles données sur la qualité de l’air disponibles mardi vont dans le bon sens. La quantité de particules fines dans l’air est retombée à 7 microgrammes par mètre cube d’air. La pluie tombée lundi, même en faible quantité, a permis d’améliorer les choses. Mais il faudrait beaucoup plus pour pérenniser la situation. Ce n’est pas ce qu’annoncent les prévisions météo. L’air devrait être à nouveau irrespirable vendredi, avant un retour au vert ce week-end. Et pour la suite ? Impossible de le dire aujourd’hui, alors que les qualifications commencent en début de semaine prochaine.

C'est mieux, mais c'est loin d'être définitif.
C'est mieux, mais c'est loin d'être définitif.  - Capture d'écran

La situation va rester aléatoire. « Avec la pluie et le vent, les choses peuvent changer très vite, indique Anne Lassman-Trappier. Il y a aussi question de l’ozone. En cas de forte chaleur et de soleil, comme en Australie, on constate des pics. Les analyses en temps réel seront indispensables, ensuite il faudra voir à combien ils fixent la limite pour éventuellement arrêter les matchs. » Sachant que le tennis fait partie des sports considérés comme violents au niveau respiratoire.