Jeux Olympiques : L'agence mondiale antidopage pourrait décider lundi d'exclure la Russie des JO 2020 et 2022

DOPAGE La Russie pourrait être mis au ban du sport international pendant au moins quatre ans

A.L.G. avec AFP

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La Russie bientôt exclue des JO 2020 et 2022 ?
La Russie bientôt exclue des JO 2020 et 2022 ? — Andrej ISAKOVIC / AFP

Le drapeau russe flottera-t-il aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 et de Pékin 2022 ? L’Agence mondiale antidopage (AMA) doit décider lundi si elle prononce les plus lourdes sanctions de son histoire, pour punir Moscou d’avoir récidivé dans la triche en falsifiant des données de contrôles.

Des sportifs « neutres », pas de drapeau ou d’hymne aux JO et à tout championnat du monde, interdiction d’accueillir ces compétitions sur son sol : si le comité exécutif de l’AMA suit la recommandation de son comité de révision de la conformité (CRC) et assortit la suspension de l’agence antidopage Rusada de telles sanctions, la Russie en tant que nation serait mise au ban du sport international pendant quatre ans.

Mais il ne s’agirait probablement que d’une étape, car Moscou peut faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui aura le dernier mot. L’AMA doit communiquer sa décision à 12h30 GMT (13h30 locales), lors d’une conférence de presse à Lausanne, où se réunit le comité exécutif dans la matinée, et où siègent le Comité international olympique (CIO) et de nombreuses fédérations internationales.

Des centaines de résultats effacés

Il ne s’agirait pas des premières sanctions dans cette affaire qui empoisonne le sport international depuis cinq ans et les premières révélations sur un dopage institutionnalisé en Russie entre 2011 et 2015, impliquant plusieurs rouages de l’Etat, dont le ministère des Sports et le service secret FSB.

Depuis fin 2015, les compétitions internationales en athlétisme n’acceptent plus que des sélections de sportifs russes « neutres », sans les couleurs du pays. Le drapeau blanc, bleu et rouge n’a pas non plus été hissé aux Jeux olympiques d’hiver 2018 de Pyeongchang.

Début 2019, la remise de milliers de données brutes de contrôles antidopage, stockées dans les serveurs de l’ancien laboratoire de Moscou, aurait dû clore l’affaire. Ce geste de transparence, exigé par l’AMA, devait lui permettre de lever le voile sur des contrôles positifs camouflés au sein du laboratoire et monter des dossiers disciplinaires contre des sportifs russes.

Mais les experts informatiques missionnés par l’AMA ont découvert que « des centaines » de résultats suspects avaient été effacés de ces données, pour certains entre décembre 2018 et janvier 2019, juste avant leur remise par les autorités russes au gendarme mondial antidopage.

Cette faute de plus, qui s’ajoute à un passif déjà lourd, suffira-t-elle à convaincre une majorité des douze membres du comité exécutif de l’AMA à suivre le CRC mot pour mot ? Ou feront-ils assaut de prudence face au géant russe ?

Cette fois, le CIO suivra les conclusions de l’AMA

Le comité exécutif de l’AMA est réparti à égalité entre représentants des Etats et du mouvement olympique. Peu avant les JO de Rio en 2016, l’AMA avait réclamé une exclusion des Russes, mais sa décision n’était pas contraignante et le CIO ne l’avait pas suivie.

Cette fois, l’instance olympique a promis de soutenir les sanctions « à l’encontre de tous les responsables de cette manipulation ». Mais le CIO estime que seule la « responsabilité des autorités russes » est prouvée à ce stade, pas celle du « mouvement sportif », notamment du Comité olympique russe (ROC). Or, le ROC est visé par les sanctions proposées.

D’autres voix, notamment celles du patron de l’antidopage américain, Travis Tygart, ou des membres du comité des sportifs de l’AMA, se sont élevées pour réclamer des sanctions plus sévères, comme une interdiction totale de participation des athlètes russes aux JO. « Il est temps pour l’AMA et le CIO de prendre les sanctions les plus sévères possible, face au plus gros scandale de l’histoire du sport », a twitté dimanche soir la vice-présidente de l’AMA, la Norvégienne Linda Helleland, partisane de la fermeté.