24 Heures du Mans : A 18 ans, le Toulousain Téo Calvet est le Mozart de la course de camions

PRODIGE Téo Calvet tutoie les meilleurs en championnat de France de camions de course. Une passion qui remonte à l’enfance pour ce Toulousain de 18 ans, engagé ce week-end aux 24 Heures du Mans

Nicolas Stival

— 

A 18 ans à peine, le Toulousain Téo Calvet est déjà l'un des cadors de la course de camions en France.
A 18 ans à peine, le Toulousain Téo Calvet est déjà l'un des cadors de la course de camions en France. — A&W Bartscher
  • Téo Calvet, 18 ans, occupe la deuxième place du championnat de France camions avant l’étape du Mans, vendredi et samedi.
  • Fils de pilote, passionné depuis l’enfance, le jeune Toulousain espère passer professionnel.
  • Sa devise : « Plus tu vas doucement, plus tu vas vite ».

Un engin de 5.400 kg pour 1.200 chevaux, capable de passer de 60 à 160 km/h (la vitesse maximale) en quatre secondes, avec un postadolescent de 18 ans au volant. Voici ce que les spectateurs des 24 heures camions du Mans vont pouvoir voir samedi et dimanche. Depuis 2017, Téo Calvet participe au championnat de France de la spécialité, dont le Toulousain occupe la deuxième place à deux étapes de la fin, parmi une trentaine de concurrents dont certains ont allègrement dépassé la cinquantaine.

« Il y a quand même de plus en plus de jeunes, objecte le pilote de l'écurie Lion Truck Racing. D’où la création d’un championnat Espoirs. » Il en est forcément le leader, vu que celui du général, son coéquipier Anthony Janiec, fonce vers ses 35 ans en même temps que vers un troisième titre national d’affilée.

Un enfant du volant

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, le Haut-Garonnais a aimé les poids lourds. « Quand j’étais petit, dès qu’il y avait un volant et des roues, j’étais à fond. » Une passion qui ne vient pas de nulle part, lorsqu’on est le fils d’un ancien pilote, Fabien Calvet, aujourd’hui président de la commission Coupe de France des camions à la Fédération française de sport automobile (FFSA). Il y a les enfants de la balle, Téo est plutôt un enfant du volant, vainqueur à Nogaro, Mecque gersoise du sport mécanique, dès sa première participation, à 16 ans.

En attendant d’atteindre cet âge minimum pour attaquer la compétition, l’ado a rongé son frein : foot, tennis, moto-cross… Il a parfois aussi suscité la curiosité. « Les gens qui ne connaissent pas peuvent penser que je conduis un camion avec une remorque sur la route. » Ce qui est interdit aux moins de 21 ans.

« Le camion de course, ça n’a rien à voir avec celui de route, plaide l’étudiant en CAP "Conducteur routier marchandises" (CRM). C’est beaucoup plus technique. Ma devise, c’est "plus tu vas doucement, plus tu vas vite". Je cherche à être le plus calme possible. Bon, certains y vont comme des bourrins, mais ils gagnent quand même. »

S’il n’a pas d’idole, Téo Calvet a un modèle à suivre : Jochen Hahn, le Federer de l’asphalte. « C’est le boss ! », souffle-t-il. L’Allemand de 45 ans, quintuple champion d’Europe, est l’un des rares à vivre de sa passion. « J’aimerais devenir professionnel, tout en ayant un métier à côté, peut-être dans le domaine du transport », explique le Toulousain, qui s’adjoint les services d’un préparateur physique.

L'Allemand Jochen Hahn fête sa victoire lors d'une manche du championnat d'Europe de camions à Most, en République tchèque, le 2 septembre 2018.
L'Allemand Jochen Hahn fête sa victoire lors d'une manche du championnat d'Europe de camions à Most, en République tchèque, le 2 septembre 2018. - Ondrej Hajek / AP / Sipa

Et l’entraînement ? « Il y a un ou deux jours de tests en présaison mais sinon, l’entraînement c’est la course ! » Et celle de ce week-end se déroule au Mans. Attention : chez les camions, les « 24 Heures » restent une marque de prestige, mais pas une réalité comme en automobile ou en moto, où l’on court réellement l’équivalent d’une journée. Outre les séances d’essai et de qualifications, quatre courses sont organisées : deux samedi et deux autres dimanche.