FC Metz: «Antonetti, on ne me l'impose pas», assure Vincent Hognon, promu entraîneur principal

FOOTBALL Propulsé entraîneur du FC Metz depuis le retrait de Fréderic Antonetti en décembre, Vincent Hognon a pris ses marques. Les deux échangent toujours mais l'ancien Nancéien décide

Thibaut Gagnepain

— 

Vincent Hognon va vivre sa première expérience d'entraîneur en Ligue 1.
Vincent Hognon va vivre sa première expérience d'entraîneur en Ligue 1. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
  • Un an après son arrivée au FC Metz comme adjoint, l’ancien Nancéien aborde comme entraîneur principal cette nouvelle saison. Sa première en tant que n°1.
  • Il a officiellement été nommé entraîneur à la fin de la saison dernière, alors que Fréderic Antonetti est le manager du club. Les deux échangent beaucoup. « Quand j’ai des questions, j’écoute son avis. Et même si je ne le suis pas, je l’entends », explique Vincent Hognon.
  • Le FC MEtz n'a pas recruté d'éléments rompus à la Ligue 1 pour son retour dans l'élite. Cela n'inquiète pas Vincent Hognon.

Du soleil, une pelouse en très bon état et… une bâche pendue à la porte d’entrée d’un terrain : « L’entente sportive Molsheim-Ernolsheim partenaire du RC Strasbourg Alsace ». Le FC Metz a choisi le département voisin, le Bas-Rhin, pour la dernière ligne droite de sa préparation.

Au milieu de son groupe, Vincent Hognon a le sourire. Un an après son arrivée au club comme adjoint, l’ancien Nancéien aborde comme entraîneur principal cette nouvelle saison. Fréderic Antonetti rentré en Corse auprès de sa femme depuis décembre, c’est lui qui avait assuré la remontée dans l'élite. Les deux sont toujours en contact mais c’est bien le technicien au plus près du groupe qui prend les décisions. Vincent Hognon insiste à ce sujet.

Qu’est-ce que ça change d’être désormais le n°1 du staff ?

Si on a fait venir un staff nombreux, c’est aussi pour être à l’écoute de leurs compétences et de leurs avis. Tout le monde participe à la construction des séances, même si c’est moi qui décide.

Comment cela se passe-t-il aujourd’hui avec Frédéric Antonetti ?

Je ne parle plus de ça, désolé. Tout a été dit à ce sujet, 250 fois. Je l’ai au téléphone, on discute, on travaille sur des vidéos ensemble et basta.

A la fin de la saison passée, vous avez été officiellement nommé entraîneur et lui manager. Quelle est la différence entre les deux postes ?

L’entraîneur décide quand même… Le manager est dans la globalité du domaine sportif du club. Mais moi, je me sers aussi de Fred (Antonetti), on ne me l’impose pas. C’est lui qui m’a fait venir ici. C’est naturel et facile d’échanger avec lui. Quand j’ai des questions, j’écoute son avis. Et même si je ne le suis pas, je l’entends. Je prends son expérience et j’essaie de m’en servir, comme sa réussite.

« Avoir des joueurs confirmés, ça coûte cher »

Dans le cas d’une piste de recrutement, comment faites-vous ?

On discute, on regarde tous et on donne notre avis. Les joueurs qui sont arrivés ici, ils ont été ciblés très tôt et ce sont tous nos premiers choix. On a choisi des jeunes éléments à fort potentiel qui connaissaient le championnat de France et évité les choix plus exotiques et incertains.

Souvent, les clubs promus en Ligue 1 se renforcent avec des éléments rompus au championnat. Ce n’est pas le cas de vos quatre recrues de l’été (Centonze, Cabit, N’Doram et Maïga). Pourquoi ?

Ce n’était pas forcément une volonté. On fait aussi avec nos moyens. Avoir des joueurs confirmés, ça coûte cher. Mais on a prolongé Habib Diallo, qui a marqué 26 buts la saison passée. Il aurait été dans une équipe adverse, on aurait tout fait pour l’avoir. Pourtant, ce n’est pas un joueur confirmé de Ligue 1. Mais on en a qui connaissent le niveau. Sunzu, Boye, Oukidja, Cohade, Nguette…

Vous avez un groupe jeune…

Dans sa globalité, oui. Mais je pars du principe que la Ligue 2 est un bon niveau et que des joueurs qui y ont évolué 3,4,5 années peuvent s’adapter plus haut facilement s’ils ont le potentiel. Tous les ans, il y a beaucoup d’exemples de réussites.

« On ne va pas finir la saison à 81 points »

Qui pourrait se révéler au FC Metz cette saison ?

Tout le monde, on verra ! Fabien Centonze (ex-Lens) a un profil très intéressant par exemple. Marvin (Gakpa), c’est pareil. On l’a vu se transformer depuis son arrivée au club. C’est un joueur dont on est certain de son niveau technique en Ligue 1. Après, sur l’aspect duel, investissement athlétique, il doit encore franchir des étapes. On ne peut pas tout lui demander. Sinon, il ne serait pas chez nous.

Vincent Hognon avec son groupe, en stage à Molsheim.
Vincent Hognon avec son groupe, en stage à Molsheim. - T. Gagnepain / 20 Minutes

Qu’est-ce qui vous inquiéter dans cette équipe aujourd’hui ?

Sa jeunesse peut-être. Comment va-t-elle réagir cette saison ? L’an dernier, on a enchaîné les bons résultats tout le temps. Là, on sait très bien qu’on ne va pas finir avec 81 points. Mais il faut garder une forme de continuité. Si on travaille bien et qu’on progresse, on fera une saison intéressante.

A quoi ressemblera le FC Metz ? Sera-t-il d’abord solide ou plutôt joueur ?

On essaiera de savoir tout faire, à notre niveau. On aura bien moins le ballon qu’en Ligue 2 car on va affronter des adversaires d’une bien meilleure qualité. Ce sera différent mais on devra être capable de l’utiliser à bon escient quand on l’aura.

« J’ai été mis dans le grand bain en décembre »

Cela fait bientôt un an que vous êtes arrivé à Metz, comment vous y sentez-vous ?

Super ! J’y étais arrivé le 16 août, jour de mon anniversaire, je m’en souviens ! Je me suis senti rapidement bien. J’ai été mis dans le grand bain en décembre (quand Frédéric Antonetti s’est retiré auprès de sa femme en Corse). J’ai été formidablement accueilli au club. Les joueurs, quand ils voient qu’on travaille, ils suivent et voient les résultats.

Vous sentez-vous pleinement messin ?

Oui, bien sûr ! C’est normal, quand on travaille dans un club, de s’investir complètement pour son employeur. C’est pareil pour tout le monde, non ?

Entendez-vous encore des réflexions à propos de votre passé de joueur et entraîneur à Nancy ?

Il n’y a pas une personne qui me l’a dit en face, à l’entraînement ou ailleurs. Peut-être que quelques-uns ne sont pas contents sur les réseaux sociaux mais moi, je n’y peux rien. Je travaille et je m’investis à fond.