Coupe du monde féminine: Entre jongles et petites déceptions... des Américaines débarquent pour le Mondial

FOOTBALL La «fête» de la Coupe du monde en France forcément ça change des Etats-Unis

Grégor Brandy

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Darya, Lara, Carly et Tiffany, devant le Sacré-Coeur.
Darya, Lara, Carly et Tiffany, devant le Sacré-Coeur. — DR

Quatre ans après le Canada, les voici en France. Lara et une petite dizaine de ses coéquipières des San Francisco Hibernians ont avalé les 9.000 kilomètres séparant la côte ouest américaine de la France pour venir assister au premier tour de la Coupe du monde féminine. Elles ont acheté leurs packs il y a plusieurs mois déjà, avant de connaître le programme de l’équipe américaine. Au menu : plusieurs matchs à Paris, au Havre, à Reims, ou à Nice, et pas mal d’équipes différentes à voir, avant de rentrer deux semaines plus tard.

Les footballeuses amateures ont installé leur camp de base (un grand appartement loué pour l’occasion) dans le centre de Paris. C’est quelques kilomètres plus loin, dans la fan-zone installée aux Halles qu’on les retrouve. L’endroit est quasi-désert à l’exception de quelques touristes et de supporters camerounais et canadiens.

Carly, Michelle, Juliet, Lara, Daria et Tiffany en pleine brésilienne devant la Tour Eiffel.
Carly, Michelle, Juliet, Lara, Daria et Tiffany en pleine brésilienne devant la Tour Eiffel. - DR

Au milieu d’un match passablement ennuyeux, Darya et Michelle sortent un ballon qu’on leur avait demandé de dégonfler à l’entrée. Quelques coups d’une petite pompe plus tard, les voilà en train d’enchaîner les passes avec quelques hommes, un garçon et une petite fille.

Découvrir Paris balle au pied

Depuis plusieurs jours, le groupe se balade dans Paris et d’autres villes françaises un ballon à la main, à la découverte des monuments et des stades français. Devant la Tour Eiffel, le Louvre, le Moulin Rouge, le Sacré-Cœur, ou encore le Centre Pompidou, elles ont fait quelques jongles, et essayé de mettre des petits ponts aux passants, touristes et vendeurs à la sauvette. Parfois, ils les rejoignent pour faire quelques passes ou gestes techniques.

Devant la tour Eiffel.
Devant la tour Eiffel. - DR

« Avoir un ballon, c’est presque mieux qu’avoir un chien », compare Lara, visiblement heureuse des rencontres faites jusque-là. Avec, elles ont l’impression de faire sourire les gens, d’en faire s’arrêter quelques-uns, des choses qui n’arrivent pas à San Francisco, assurent-elles.

Mais ce qui les surprend, c’est l’absence de petites filles autour de ce ballon et des autres. Quand elles ont fait un five, à côté de la fan-zone, elles n’ont joué que contre des garçons. Quand elles jonglent un peu partout dans Paris, seuls les garçons leur demandent s’ils peuvent les rejoindre. « On en a aussi vu en train de jouer, pendant que les petites filles ne font que regarder. C’est un peu triste. »

Contraste saisissant

Quand on vient d’un pays où le soccer est d’abord un sport féminin, le contraste est saisissant. Mais, il ne se voit pas que balle au pied. En se baladant dans la rue, elles ont été surprises par la faible place prise par la Coupe du monde, en France, pour l’instant.

Devant le Louvre.
Devant le Louvre. - DR

« On a peut-être vu deux pubs qui la promouvaient, depuis qu’on est arrivé. Il y avait plus de trucs aux Etats-Unis. On s’attendait à voir plus de choses. Les bars ne sont pas décorés. Les gens dans la rue ne portent pas de maillots. D’ailleurs, c’est impossible de trouver des maillots à part ceux de la France. »

Même dans les stades, l’engouement n’est pas encore tout à fait là, à part lors du match d’ouverture, où « l’ambiance était folle avant le début ». « Beaucoup des stades sont vides », racontent-elles deux jours après être rentrées d’un Espagne – Afrique du Sud au Havre, où le public était plus que clairsemé.

Mieux ensuite ?

On tente de leur expliquer que l’engouement autour du foot féminin (en dehors de l’équipe de France) n’a pas encore atteint celui du foot masculin, que la situation devrait s’améliorer ces prochaines semaines, quand les favoris seront sortis des poules et que les matchs à élimination directe commenceront. Avec une grosse pincée de méthode Coué, on essaye de se convaincre, et de les convaincre, que les stades vont se remplir, les bars aussi et la folie prendre peut-être un peu.

Avant Etats-Unis - Thaïlande.
Avant Etats-Unis - Thaïlande. - DR

Manque de chance, elles ne seront plus là pour y assister. Mais elles ont déjà prévu de regarder la fin dans leur bar fétiche. Celui-là, assurent-elles, sera bien décoré.