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L'Everest de la voile les attend

L'Everest de la voile les attend

VOILELe Vendée Globe part le 9 novembre. Présentation d'une course à part...
Matthieu Goar

Matthieu Goar

La première épreuve des skippers inscrits au Vendée Globe avait lieu mardi matin dans un pavillon coquet de l’ouest parisien. A deux pas du périphérique surchargé, les 30 oiseaux du large devaient se présenter à une foule de 250 journalistes. Plus effrayant qu’une tempête des Mers du Sud pour ces héritiers de Tabarly? Pas vraiment. Depuis Moitessier et son Tour du monde et demi, un voyage philosophique qui a donné l’ouvrage «La Longue Route» dévoré par les beatniks, la voile a changé. Entre les séminaires en entreprise et les conférences de presse, les Armel, Kito, Loïck n’ont finalement rien d’Albatros maladroits devant les caméras pressées des chaînes d’infos en continu.

Lire les interviews de Dominique Wavre et Armel Le Cléac’h


Dans ce monde de professionnalisme, il y a pourtant des choses immuables comme les dimensions de la terre, les vents de l’Antarctique et les glaces dérivantes des mers du Sud. Les ingrédients qui font le le sel du Vendée Globe, l’Everest de la voile. Depuis 1988 et la première édition, le concept de cette course n’a pas changé: un homme, un bateau et un tour du monde autour de l’Antarctique par les trois caps mythiques des grandes routes maritimes des anciens (Bonne Espérance, Leuwin, Horn). L’histoire du Vendée est courte mais déjà parsemée d’histoires incroyables comme le sauvetage de Poupon par Peyron à l’orée des mers du Sud en 88-89, Parlier réparant en Robinson son bateau et mangeant des algues en 2000-01, la bouche de Bertrand de Broc recousue par lui-même en 1996-1997 ou, le même hiver maudit, Autissier sillonnant le Pacifique pour retrouver Gerry Rouf. En vain.


Un Vendée de régatiers


Le 9 novembre le plateau qui s’élancera des Sables d’Olonne sera exceptionnel. Bien sûr il y aura les stars des pontons comme Loïck Peyron, Jean Le Cam, Vincent Riou ou encore Michel Desjoyaux. Mais surtout la compétition risque d'être hyper relevée. Vingt des trente bateaux ont été construits spécialement pour cette épreuve, sept navigateurs sont déjà montés sur le podium, deux l’ont déjà gagnée (Riou et Desjoyaux). Plus de la moitié (16) ont participé à la course du Figaro. Autant dire qu'ils se préparent à une régate au contact planétaire alimentée par les relevées de positions satellites quotidiens. A côté de ces pros aux polaires bardées de sponsors (pardon, partenaires) il reste quelques amateurs aventuriers comme Rich Wilson, diplômé d’Harvard qui écrira dans 15 quotidiens américains pour faire partager son aventure aux lecteurs. Mais tous se ressemblent un peu. Le plus régatier d’entre eux a ainsi eu cette phrase d’aventurier mardi: «Je ne remercierai jamais cette épreuve pour m’avoir confirmé que j’étais fait pour la mer…»


Lire le blog de Kito de Pavant


Petite vidéo de présentation de l'événement



Vendee Globe
Sponsorshop

Des organisateurs prudents


Vu les régions traversées, le Vendée reste de toute façon une aventure pour tous. Les récentes courses autour du monde (Whitbread, Barcelona World Race) et les tentatives de record qui sont passés autour de l’Antarctique, ont toutes abouti au même constat: les iceberg qui s’échappent du continent blanc sont de plus en plus nombreux et ils remontent de plus en plus au Nord (Sébastien Josse avait tapé un iceberg il y a quatre ans). Du coup, à la demande des sauveteurs australiens, les organisateurs ont remonté de 4 degrés en latitude les portes de passage obligatoires et ils en ont rajouté deux sur la route des marins.


Le centre européen d’étude spatial fournira 250 clichés satellites à l’organisation pour tracer les plus gros icebergs, Alain Gautier sera basé en Australie pour préparer les secours et un site Internet sera créé pour que tous les centres de sauvetage du monde aient accès à toutes les informations sur les bateaux. L’aventure a un prix.