24 Heures du Mans : il y a soixante-dix ans, le crash le plus meurtrier de l’histoire du sport automobile
Histoire•Un accident, une sortie de route et un moteur qui explose : le 11 juin 1955, l’horreur s’invitait aux 24 heures du MansAlexandre Vella
L'essentiel
- Il y a soixante-dix ans jour pour jour, le 11 juin 1955, un terrible accident provoqué par la sortie de route d’un pilote après un peu plus de deux heures de course aux 24 heures du Mans tuait 82 personnes.
- Ce drame, qui reste le pire accident de l’histoire du sport automobile, allait avoir d’importantes répercussions.
- Plusieurs gouvernements ont interdit dans la foulée les courses automobiles. Des innovations, dont les barrières absorbantes de chocs, ont aussi inventé par un pilote et ingénieur américain ayant concouru ce funeste 11 juin 1955.
Un drame qui a changé les courses automobiles à jamais. Il y a tout juste soixante-dix ans, le 11 juin 1955, un accident provoqué par la sortie de route d’un pilote après un peu plus de deux heures de course endeuillait les 24 Heures du Mans, avec la mort de 82 personnes. Un bilan terrifiant parmi les 300.000 spectateurs massés dans les gradins et en bord de piste.
Ce samedi-là, la mythique course d’endurance célèbre sa 23e édition. A la fin du 35e tour, au niveau de la zone de ravitaillement, la Mercedes-Benz 300 SLR du coureur français Pierre Levegh s’accroche avec l’Austin-Healey du Britannique Lance Macklin, lequel dévie brusquement sa route pour éviter un troisième concurrent tournant vers les stands.
Projeté, le moteur traverse la foule sur soixante mètres
A plus de 200 km/h, la Mercedes percute le talus de bord de piste. Ce dernier fait office de tremplin et la voiture s’envole avant d’exploser en retombant sur un muret. Le pilote décède sur le coup. Le véhicule est littéralement disloqué. Capot, moteur, radiateur sont projetés vers l’avant et parcourent une soixantaine de mètres à travers la foule.
Enfin, l’épave prend feu et explose, comme le racontent les actualités de l’époque, dans une vidéo de l’INA. Les secours relèvent 82 morts et comptent 120 blessés, tandis que la course va jusqu’à son terme.
Courses automobiles bannies et innovations
Ce drame, le pire accident de l’histoire du sport automobile, va alors avoir d’importantes répercussions. La Suisse, notamment, interdit durablement ces compétitions. Il n’y a toujours pas de course de Formule 1, mais la Formule E, course de « F1 électrique » a été autorisée en 2017 dans le pays. Ces répercussions traversent aussi l’Atlantique et le Mexique met fin à la Carrera Panamericana, une célèbre course internationale qui se disputait depuis 1950 sur route ouverte en plusieurs étapes.
Ailleurs, elle ne dure que quelques mois, comme en France ou en Allemagne, et les compétitions reprennent dès 1956 avec des normes de sécurité beaucoup plus sévères s’agissant de la protection du public.
Pour l’édition suivante des 24 Heures du Mans, la piste est élargie au niveau des tribunes. Cinq ans plus tard, deux rangées de rails viennent séparer la piste de la voie menant aux stands.
Cette tragédie sera également à l’origine d’innovations. Le pilote américain John Fitch, qui concourrait ce funeste 11 juin 1955, inventera par la suite un système de barrière absorbant les chocs. « Les barrières Fitch », améliorées depuis, continuent de protéger les bords de routes.



















