Le Top 14 en cinq questions

Alexandre Pedro

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Clermont a une nouvelle fois buté, samedi face à Toulouse (20-26), sur la dernière haie du parcours qui mène au titre de champion de France, faute d'avoir su se transcender au bon moment, un échec avant tout mental auquel nul n'a encore trouvé de remède.
Clermont a une nouvelle fois buté, samedi face à Toulouse (20-26), sur la dernière haie du parcours qui mène au titre de champion de France, faute d'avoir su se transcender au bon moment, un échec avant tout mental auquel nul n'a encore trouvé de remède. — Jacques Demarthon AFP

Le Top 14 remet le bleu de chauffe avec un grand favori pour le Bouclier de Brennus, le Stade Toulousain, qui entend bien se succéder à lui-même. Derrière, la concurrence affûte ses armes et recrute du lourd.

Les cinq gros vont-ils encore écraser la concurrence?


Depuis l’intrusion de Bourgoin en 2005, les demi-finales du Top 14 sont accaparées par une bande de cinq clubs pas du tout portés sur le partage. Toulouse, Paris, Clermont, Biarritz, Perpignan, entre ces cinq-là et le reste du championnat, le fossé n’en finit plus de se creuser. Au sein de ce quinté, Biarritz semble le plus menacé. Cette saison, le BO entame un nouveau cycle après le départ de son manager Patrice Lagisquet. Castres, impressionnant en fin de saison passée, peut en profiter.

L’afflux des stars étrangères nuit-il au XV de France?

Dan Carter, Jerry Collins, Barry Davies, Nathan Hines ou encore Andy Goode : les noms font rêver et donne au Top 14 des airs d’Eldorado. Bénédiction pour la communication et le spectacle, cette pluie d’internationaux venus de l’Hémisphère Sud risque de freiner l’éclosion de talents français. Jean-Claude Skréla et Marc Lièvremont s’en sont d’ailleurs émus. A certains postes comme celui de pilier ou de deuxième-ligne, les Français deviennent une denrée rare. Le mouvement risque encore de s’accélérer, si on se fie à la crise économique que traverse le rugby du Sud.

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Que peut espérer Toulon?

Le RCT n’est pas un promu comme les autres. Comme en Pro D2, son président et mécène Mourad Boudjellal a animé le marché des transferts. Dans son filet dix-sept recrues et un gros poisson : le troisième-ligne All-Black Jerry Collins, référence mondiale à son poste. Les Toulonnais peuvent-ils refaire le coup du Stade Français en 1999, qui avait touché le Brennus dès sa première saison dans l’élite ? La tâche s’annonce périlleuse, les cinq gros disposent d’un vécu supérieur et d’un collectif plus rôdé. Une place de sixième synonyme de Coupe d’Europe ferait déjà le bonheur le bonheur de Mayol. Avec la réception de Clermont mardi soir, les hommes de Tana Umaga ne vont pas tarder à pouvoir se situer sur la carte.

Qui va trembler pour son maintien?

Dans un Top 14 où les disparités financières s’accentuent, les rivaux landais Dax et Mont-de-Marsan s’attendent à souffrir pour sauver leur tête dans l’élite. Il faut dire que ses rivaux pour le maintien se sont sérieusement renforcés à l’intersaison, à l’image de Brive qui s’est payé le buteur anglais de Leicester Andy Goode. La mauvaise surprise peut venir de Bourgoin qui recule imperceptiblement ses dernières saisons.

Que vont changer les nouvelles règles?

A la différence de son cousin du football, le rugby adore amender son règlement. Comme souvent, l’innovation arrive du Super 14. Parmi les principales nouveautés, on note l’interdiction de taper en touche directement depuis ses 22 mètres, la possibilité d’écrouler les mauls ou l’obligation pour le plaqueur de libérer plus vite son ballon. Au total se sont 15 nouvelles règles qui s’appliquent dès ce soir. Objectif : fluidifier le jeu et favoriser l’attaque.