Liu Jie est enfermé depuis 2007. Elle a subi cinq mois de tortures.
Liu Jie est enfermé depuis 2007. Elle a subi cinq mois de tortures. — D.R.

DROITS DE L'HOMME

Liu Jie: la tigresse des paysans

Liu Jie torturé.

Contrairement à ce que pense la correspondante du Quotidien du peuple à Paris, les rues de Chine ne sont pas vraiment encore des espaces de liberté. Liu Jie pourrait en témoigner. Le 12 novembre 2007, cette femme a été envoyée au camp de rééducation par le travail pour avoir «instigué des troubles» et «perturbé l'ordre social».

En traduisant ce jargon juridique de l'état policier chinois, cela veut dire qu'elle a lancé une pétition (12.150 signatures) en faveur des réformes du système politique en Chine. Son but était de protéger les communautés de paysans de la Chine, trop souvent délaissées par le pouvoir central.

Pour savoir ce qu'est un camp de rééducation par le travail, lire le portrait de Wang Ling

Des JO pervers

Depuis, ce premier enfermement, les associations de défenseur des droits de l'homme qui la suivent ont beaucoup de mal à avoir de ses nouvelles. Mais son cas illustre, comme celui de Hu Jia, le rôle pervers des JO sur les populations chinoises. Si cet événement est un objectif prioritaire pour la diplomatie chinoise, Pékin a profité de la préparation de l'événement pour renforcer le contrôle des opposants.

Le banc du tigre

Liu Jie n'a pas échappé à ce coup de froid. Selon Amnesty, le 22 mai 2008, à moins de 100 jours de l'ouverture des Jeux, Liu Jie aurait été transférée du camp de rééducation par le travail de Qiqihar au centre de désintoxication de Harbin. Elle y aurait subi une torture appelée «Banc du Tigre». La victime est assise droite sur un long banc, les mains liées dans le dos, ses jambes attachées au banc et des briques placées sous ses pieds. Ceci exerce une pression extrême sur les genoux et cause une douleur intense. Liu Jie aurait été torturée de cette façon pendant cinq jours.