Guy Novès vs FFR: «Une question d’honneur»… L’ex-sélectionneur du XV de France prêt pour son grand combat

RUGBY Le procès opposant Guy Novès à la Fédération française de rugby aura lieu ce jeudi au tribunal des prud’hommes de Toulouse

Nicolas Stival

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Guy Novès lors de France-Japon, le 25 novembre 2017. Son dernier match à la tête des Bleus.
Guy Novès lors de France-Japon, le 25 novembre 2017. Son dernier match à la tête des Bleus. — J.E.E. / Sipa
  • « Combatif » mais « affecté », Guy Novès prépare son procès aux prud’hommes contre la FFR, jeudi.
  • « Tant qu’il n’en a pas fini avec le procès, il ne passera pas à autre chose », confie le créateur d’une page Facebook qui soutient l’ancien entraîneur du Stade Toulousain.

Stéphane Tortorici travaille comme pâtissier à Montréal. Pourtant, le Haut-Garonnais d’origine (47 ans) sera présent ce jeudi devant le tribunal des prud’hommes de Toulouse, bien loin du Québec. Revenu dans sa famille pour des congés, le quadragénaire représentera le très actif groupe Facebook « Soutien à Guy Novès et son staff ».

Une page qu’il a lancée après l’éviction de l’entraîneur le plus titré de France de la tête des Bleus, en décembre 2017. Elle compte plus de 23.600 membres, unis sous la bannière de l’ancienne icône du Stade Toulousain, en procès contre la Fédération française de rugby du président Bernard Laporte. Elève de Novès lorsque celui-ci officiait comme professeur de sport au collège de Pibrac, dans les années 1980, l’expatrié a rencontré son ancien enseignant, jeudi dernier.

La photo que les membres du groupe Facebook de soutien à Guy Novès et à son staff sont appelés à arborer le 14 février.
La photo que les membres du groupe Facebook de soutien à Guy Novès et à son staff sont appelés à arborer le 14 février. - Soutien à Guy Novès et à son staff

« Il tient à remercier tous les gens qui le soutiennent, affirme Stéphane Tortorici. Tant qu’il n’en a pas fini avec le procès, il ne passera pas à autre chose. C’est une question d’honneur, pour lui et sa famille. Il est combatif, même s’il est vraiment affecté. » Même sa passion cynégétique a pris un coup dans l’aile. Son ami Christian Labit, aujourd’hui manager de l’US Carcassonne et compagnon de chasse au perdreau, le constatait fin décembre dans L’Equipe : « Je l’ai trouvé moins enthousiaste qu’avant, moins passionné. Comme s’il était dans une phase de deuil. »

Meurtri mais déterminé

Un état moral qui transparaît dans un article du Monde, publié vendredi, dans lequel l’ex-sélectionneur du XV de France, âgé de 65 ans, se confiait. Extraits choisis : « Ils m’ont fait mal, et il va falloir qu’ils s’expliquent. » « L’une de mes filles a même le sentiment que c’est le combat de ma vie. »

Ses proches décrivent également un homme à la fois meurtri et déterminé à prouver qu’il n’a pas commis la faute grave que lui reproche la FFR. Mais ils ne tiennent pas à s’épancher dans la presse avant un procès que Novès espère être celui de la rédemption. Et de la réparation, puisque le technicien réclame 2,9 millions d’euros.

Toute la famille est au soutien, observe Stéphane Tortorici : « Même sa maman de 91 ans a adhéré à notre groupe Facebook ! Plus généralement, près de 100 personnes par jour nous rejoignent, et c’est beaucoup plus depuis dimanche. » Ce jour-là, les Bleus ont explosé à Twickenham (44-8), ce qui porte le bilan de Jacques Brunel, l’actuel sélectionneur, à dix défaites pour trois succès.

Son prédécesseur en 2016 et 2017 affichait sept victoires, 13 revers et un nul lorsqu’il a été viré. Pas brillant, mais le rutilant passé d’entraîneur de Novès (quatre Coupes d’Europe, dix Boucliers de Brennus), conjugué au consternant présent du XV de France, ont permis à l’étoile du Toulousain de ne pas pâlir.

L’ovation du Stadium

Surtout dans sa Ville rose, comme l’a encore prouvé l’ovation lorsque son visage est apparu sur l’écran géant du Stadium, au cours du match de Top 14 contre Toulon, le 30 décembre.

Guy Novès n’a pas envie de terminer sa longue carrière sur un échec. « Un des grands clubs français [le Stade Français a priori] m’a contacté mais pour faire ce métier il faut être complètement libéré, indiquait-il début novembre au micro de France Bleu Occitanie. Ce n’est pas mon cas aujourd’hui. » Et jeudi soir ?