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L'or et la colère pour les épéistes français

L'or et la colère pour les épéistes français

JO2008Une performance ternie par une décision arbitrale...
Pierre Koetschet

Pierre Koetschet

Encore une fois, Fabrice Jeannet a fini la compétition avec une médaille, et encore une fois il a tiré une tête de six pieds de long. Pourtant, cette médaille d’or en épée par équipe (la première de ces Jeux en escrime), aurait mérité quelques cris et sauts de cabri.

Mais rien de tout cela, la faute à une décision médicale prise par les juges. Retour sur l’incident qui a gâché la fête, raconté par le principal protagoniste, Jérôme Jeannet, juste après le combat: «Sur une touche, je tombe sur le poignet. Cela réveille une vieille douleur. Ensuite, je peux tenir l’épée, mais dès que mon adversaire la touche, c’est insoutenable. Je demande à être remplacé par Jean-Michel Lucenay. Ils refusent. Je ne comprend pas…»

«Je me suis dit: si je vole du podium, ça va se voir!»

Un peu plus tard, l’énervement retombé, il développe, et se lâche un peu: «Tout le monde l’a fait. Ils ont accepté pour les quatre d’avant, et pas pour moi. Vous avez vu la cabriole de l’Italien, vous croyez qu’il est mort sur le coup? J’ai peut-être mal joué le coup. A un moment, je me suis dit: si je vole du podium, ça va se voir!»

A lire entre les lignes, on comprend que Jérôme Jeannet n’était peut-être pas vraiment blessé, mais cela aurait permis de faire rentre le 4e membre de l’équipe, et accessoirement, de lui donner par la même occasion une médaille d’or, qui n’est décernée qu’aux escrimeurs qui ont combattus. Sur le podium, les français ne sont donc que trois, et Jean-Michel Lucenay est même empêché de rejoindre ses copains.

«On a pu appliquer tout ce qu’on avait prévu à l’avance»

«Je suis content pour mes copains, mais je suis dégoûté de n’avoir pas de médaille», soupire le malheureux. «C’est une belle journée, mais pour moi, c’est un peu plus dur que les autres.»

Effectivement, les Français ont volé toute la journée, battant le Venezuela du numéro 1 mondial (54-33), puis l’Italie du champion olympique (45-39), avant d’annihiler la Pologne 45-29. «C’était une journée de rêve, décrypte, Fabrice Jeannet. On a pu appliquer tout ce qu’on avait prévu à l’avance: mettre des touches d’entrée pour pouvoir faire la course en tête.» Le plan a parfaitement fonctionné, jusqu’à l’accroc qui empêche Jean-Michel Lucenay de monter sur le podium.