OGC Nice: Patrick Vieira, le phare dans la tempête

FOOTBALL L’entraîneur du Gym fait preuve de stabilité dans un club en plein lifting…

M.F. avec AFP

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Patrick Vieira regrette d'avoir échoué avec Balotelli.
Patrick Vieira regrette d'avoir échoué avec Balotelli. — VALERY HACHE / AFP

Tout (ou presque) a changé autour de lui. Seul en première ligne à l'OGC Nice, Patrick Vieira a subi en janvier un remplacement de patrons et un mercato sans renfort, sans jamais se départir de son calme. Avant de recevoir Lyon, dimanche à 21h pour la 24e journée de Ligue 1, l’entraîneur fait plus que jamais figure d’élément de stabilité.

« Le coach fait partie de la famille », appuie l’actionnaire majoritaire, Chien Lee. Patrick Vieira « est un très grand professionnel. Il est très important pour le club. Nous devons travailler ensemble pour le faire grandir », insiste le Sino-Américain.

Toujours positif

« Lâcher, moi ? Jamais ! » a souvent répété Patrick Vieira durant cette période agitée. Il est resté aussi droit dans ses crampons que lors des petits grains sportifs en début de saison, quand il a perdu ses deux premiers matches à la maison pour commencer. Toujours positif, le champion du monde 1998 a conservé le flegme « so british » de ses passages réussis à Arsenal et Manchester City.

Janvier a pourtant été mouvementé. Le 11, le président Jean-Pierre Rivère et son directeur sportif, Julien Fournier, annoncent leur démission. Patrick Vieira avait été séduit par le projet niçois et par ces hommes qui l’incarnaient, lors de rencontres à New-York au printemps dernier. Mais les futurs départs des deux dirigeants niçois étaient déjà dans les tuyaux.

Pas de renfort

Le 23 se confirme que Patrick Vieira perd sa star, Mario Balotelli, transféré à Marseille. Ce départ était prévu de longue date, mais tout au long du mercato le coach a guetté des renforts, en vain. Et en conférence de presse, beaucoup de questions concernaient « Super Mario », de quoi lasser. Le départ du déroutant Italien n’a pas été réinvesti pour faire venir les joueurs expérimentés que demandait Vieira. Balotelli a dégagé des moyens financiers, une économie de salaire estimée à environ 3 millions d’euros, mais elle n’a pas été mobilisée pour répondre aux attentes du coach.

Pour Chien Lee, « les cibles n’étaient pas assez correctes ». Se faire prêter cet hiver Valère Germain, Ryad Boudebouz ou Younès Belhanda n’entrait pas dans des plans de développement basés sur le « trading ».

Les actionnaires sino-américains lorgnent sur ce modèle économique de vente avec plus-value de joueurs. « Le trading n’est pas un gros mot », a insisté le nouveau président, Gauthier Ganaye (31 ans), bien plus jeune que Vieira (42 ans).

« Pas besoin d’être rassuré »

Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois en marge de la raclée à Lille (4-0), seul faux pas du Nice de Vieira en janvier. « Je n’ai pas besoin d’être rassuré », a dit au sujet de cette entrevue le coach, en écho à une phrase de Ganaye qui disait que « la priorité est de rassurer Vieira ». « Nous ne sommes pas entrés dans les détails. On a fait connaissance, a seulement dit Patrick Vieira. Et je n’ai pas de raison de ne pas avoir confiance. »

En attendant, le coach doit faire avec les moyens du bord. Lui-même pro très précoce, transféré au grand AC Milan à 19 ans, il n’a certainement rien contre les jeunes talents à fort potentiel. Il en a convoqué pas mal cette saison, à l’entraînement comme en compétition.

Sa ligne d’attaque devant l’OL, quel que soit le joueur associé à Allan Saint-Maximin, 21 ans (sur les tablettes de l’AC Milan), ne cotera qu’un 20 ans de moyenne d’âge. Vieira a le choix entre l’ex-Gone Myziane Maolida (19 ans, 13 matches), Eddy Sylvestre, stagiaire de 19 ans (4 matches) ou Ignatius Ganago (19 ans, 13 matches). Au-delà, l’entraîneur a commencé à plancher sur le mercato d’été avec Ganaye.

Restera-t-il la saison prochaine ? Le contrat de trois ans du champion d’Europe 2000 comporte une clause de résiliation en cas de changement de direction. « Je n’ai rien à dire là-dessus », s’est-il borné à répondre, vendredi au point presse, laconique. Il a donc bien un bon de sortie, noir sur blanc.