Apnée: Après son accident, le Niçois Guillaume Néry veut «faire avancer la discipline»

INTERVIEW Le double champion du monde, pour qui « la page de la quête des records s’est tournée » participera aux championnats du monde à Villefranche-sur-Mer...

Propos recueillis par Fabien Binacchi

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L'apnéiste Guillaume Néry, lors d'une plongée à Nice, le 15 juillet 2015.
L'apnéiste Guillaume Néry, lors d'une plongée à Nice, le 15 juillet 2015. — BORIS HORVAT / AFP
  • Victime d’un accident en 2015, Guillaume Néry, qui avait annoncé sa retraite, participera finalement au championnat du monde d’apnée en 2019 sur la Côte d’Azur.
  • L’apnéiste niçois explique que « la page de la quête des records s’est tournée » mais qu’il souhaite « faire avancer sa discipline ».

En 2015, il avait décidé de mettre un terme à sa carrière. Une maladresse des organisateurs d’une compétition organisée à Chypre (une erreur sur la longueur du câble) lui avait fait frôler la mort.

Quatre ans après, Guillaume Néry, 36 ans et deux fois champion du monde d’apnée en poids constant, va renfiler ses palmes pour l’Aida depth world championship, en septembre sur la Côte d’Azur. Chez lui.

S’agit-il d’un véritable retour à la compétition ?

Depuis mon accident, je suis convaincu qu’une page s’est tournée, celle de la quête perpétuelle d’un record. J’ai décidé d’avoir une autre approche de l’apnée, plus détendue. J’aimerais essayer de faire avancer la discipline. Avec des expériences comme lorsque j’ai plongé à 105 m juste avec un maillot de bain pour me tester dans le froid [en juin dernier].

Ce qui a motivé ma participation en septembre, c’est plutôt la perspective de faire partie d’une grande fête qui se déroule chez moi. Il y aura d’autres compétitions, mais un championnat du monde, il y a des chances que ce soit le dernier.

Que retenez-vous de cet accident ?

Il a laissé des traces. Je ne veux plus courir après le titre et, au pire, mettre ma vie en jeu. Mais comme toutes les expériences malheureuses, il a eu comme intérêt de faire avancer les choses, dans la sécurité de l’apnée. Les plongeurs sont désormais suivis par une caméra qui diffuse en direct.

Avec ce changement de cap, vous avez levé le pied sur les entraînements ?

Je n’ai pas changé grand-chose à mon hygiène de vie. Je continue à plonger, je reste dans un certain état de forme. L’apnée c’est un mode de vie, ce n’est pas juste du sport. La seule chose qui a bougé c’est qu’avant tout était assez calculé, millimétré… Désormais, on essaie de nouvelles choses.

Et vous multipliez aussi les autres projets. En plus du lancement d’une marque de vêtements écoresponsable (en vente dès la fin de la semaine sur www.bluenery.com), vous allez sortir un nouveau film…

One Breath Around the World, qui sera mis en ligne fin janvier, a été tourné l’an dernier avec Julie [Gautier, sa compagne réalisatrice], aux quatre coins du monde. Un livre qui raconte cette expérience sort également ce mercredi [Guillaume Néry, à plein souffle, éd. Glénat, 35€]. C’est un hymne aux océans, pour susciter de l’émotion.