Corée du Sud: Une championne olympique de short-track accuse son ancien coach d'agressions sexuelles répétées
PATINAGE DE VITESSE•L'entraîneur mis en cause avait déjà été condamné pour avoir battu Shim Suk-hee pendant des années...A.L.G. avec AFP
Shim Suk-hee, double médaillée d’or aux jeux Olympiques, accuse son ancien entraîneur, déjà condamné pour l’avoir battue pendant des années, d’agressions sexuelles, a annoncé son avocat mercredi. La patineuse de short-track a porté plainte auprès de la police contre Cho Jae-beom le mois dernier, le jour même où elle témoignait à son procès en appel contre sa condamnation à 10 mois de prison pour avoir régulièrement frappé la sportive.
A 21 ans, l’athlète a quatre médailles olympiques à son compteur, dont l’or en relais aux JO de Sotchi de 2014 et à domicile à Pyeongchang, en février. Elle a raconté à la police que l’entraîneur l’avait agressée sexuellement depuis ses 17 ans jusqu’en janvier 2018, soit un mois avant les JO. « Il s’agit de crimes graves que notre société ne doit pas ignorer », a affirmé son avocat Im Sang-hyeok.
Certains faits ont eu lieu dans des centres d’entraînement du gouvernement, ce qui témoigne des failles du système public de gestion des sportifs, a-t-il ajouté. La Corée du Sud est une puissance sportive régionale, l’un des deux seuls pays d’Asie avec le Japon à avoir accueilli à la fois les jeux Olympiques d’hiver et d’été.
Son entraîneur nie les accusations
Dans une société déjà ultra-concurrentielle, gagner dans l’arène sportive compte plus que tout. Les entraîneurs ont un énorme pouvoir sur la carrière des jeunes athlètes. Les abus physiques et verbaux sont fréquents et ceux qui les dénoncent sont souvent condamnés en tant que « traîtres ». La société sud-coréenne demeure très patriarcale et les femmes victimes d’abus sexuels courent le risque d’être ostracisées.
La patineuse avait passé les agressions sexuelles sous silence « de peur d’être stigmatisée en tant que femme, de l’impact sur sa famille et des représailles éventuelles de Cho », a ajouté son conseil. Elle a finalement « rassemblé tout son courage » pour parler dans l’espoir d’éviter à d’autres sportives de subir le même sort.
L’entraîneur a reconnu avoir passé des athlètes à tabac pour « améliorer leurs performances » mais dément les accusations d’agressions sexuelles, selon la chaîne sud-coréenne SbS. La cour d’appel doit rendre son arrêt dans cette affaire le 14 janvier.



















