Dopage: «Une honte pour le système antidopage mondial», la Russie a refusé l'accès au laboratoire de Moscou

SURPRISE L'Agence mondiale antidopage (AMA) a confirmé mardi que la Russie avait dépassé la limite fixée au 31 décembre 2018...

J.L. avec AFP

— 

Yuri Ganus, le président de l'agence antidopage russe (Rusada), lors  d'une conférence de presse à Moscou le 16 novembre 2017.
Yuri Ganus, le président de l'agence antidopage russe (Rusada), lors d'une conférence de presse à Moscou le 16 novembre 2017. — Pavel Golovkin/AP/SIPA

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a confirmé mardi que la Russie avait dépassé la limite fixée au 31 décembre 2018, minuit, pour donner à ses experts un libre accès aux données du laboratoire d'analyses de Moscou, condition pour la suspension des sanctions envers le pays. La récupération des données du laboratoire impliqué dans le scandale de dopage institutionnel, condition imposée par l'AMA en échange de la levée de la suspension de l'agence antidopage russe (Rusada), avait échoué le 21 décembre pour des raisons techniques. 

Travis Tygart, patron de l'Agence américaine antidopage (Usada), a exhorté mardi l'Agence mondiale antidopage (AMA) à rétablir la suspension imposée à l'agence antidopage russe (Rusada), qualifiant le retour du pays dans le monde sportif de «blague totale». «C'est une plaisanterie, une honte pour l'AMA et le système antidopage mondial», a déclaré Travis Tygart dans un communiqué.

Cette date limite avait été fixée en septembre, lorsque l'AMA avait levé l'interdiction de l'Agence russe antidopage, ouvrant la voie à un retour à la compétition des athlètes russes, après la publication d'un rapport qui avait mis au jour un programme de dopage parrainé par l'Etat russe. «En septembre, l'AMA a rétabli la Russie contre la volonté des athlètes, des gouvernements et du public», a déclaré M. Tygart. «Ce faisant, l'AMA a garanti à la Russie que celle-ci remettrait d'ici aujourd'hui (mardi) les preuves de son programme de dopage, soutenu par l'État», ce qu'elle n'a pas fait.

«Personne n'est surpris que cette date limite ait été ignorée et il est temps pour l'AMA de cesser d'être manipulée par les Russes», a poursuivi M. Tygart. Le scandale de dopage avait débouché sur l'exclusion des athlètes russes lors des JO-2016 de Rio et des Mondiaux-2017 d'athlétisme à Londres.