Espagne-Russie, le remake impossible
EURO2008 – Après avoir vaincu l’Italie (0-0, 4 tirs au but à 2), l’Espagne va retrouver la Russie en demi-finale. Une équipe qu’elle a ratiboisé (4-1) lors de la première phase…A Vienne, Antoine Maes
Le supporter qui est parti en vacances le soir du 10 juin dernier ne va pas en revenir. Ce soir là, la Seleccion avait brillement lancé sa compétition en battant la Russie (4-1). Les deux équipes se retrouveront en demi-finale jeudi. Et les Ibères ont beaucoup moins de marge.
Parce qu’Archavine change tout
Dans leur camp de base de Neustift, près d’Innsbruck, les Espagnols ont la télé. Ils ont donc eu tout loisir de voir la Russie marcher sur les Pays-Bas (3-1, après prolongation), samedi dernier. «L’équipe que nous avons battu n’est plus là. Ils ont changé» prévient déjà Luis Aragones. Si le niveau global de la formation de Guus Hiddink s’est élevé, c’est surtout le retour de la star Andrei Archavine qui change la donne. «Il est très doué. Il sait dribbler dans la défense, jouer à la limite. Il sait trouver les frontières de son jeu» décrit le sélectionneur russe. En gros, un profil que les Italiens n’avaient pas dans leur effectif.
Parce que l’Espagne doit s’améliorer
En fait, mis à part le coup de canon initial contre leur futur adversaire, l’Espagne n’a pas impressionné. Elle a lutté pour venir à bout de la Suède (2-1). Elle a lancé les remplaçants contre la Grèce (2-1). Et a eu toutes les peines du monde à se défaire de l’Italie. Le fait est qu’à chaque fois, les Espagnols s’en sortent… «Pour aller au bout de ce genre de compétition, il faut savoir souffrir» assure Fernando Torres. «On doit s’améliorer, ça ne fait pas de doute. On n’a pas fait une grande partie. On doit savoir accélérer le jeu» explique de son côté Luis Aragones.
Juan Carlos contre Abramovitch
Le bon parcours de la sélection espagnol commence enfin à attirer les illustres supporters. La Seleccion avait fêté en petit comité la victoire face à la Russie. Entre potes et avec quelques bières. Contre l’Italie, le standing est monté d’un cran. C’est le roi Juan Carlos en personne qui est descendu dans le vestiaire. «Il est venu nous féliciter» se marre Aragones.
Le tout est de savoir si ses joueurs ont le sens de la monarchie. Parce que face à eux, c’est une autre forme de motivation. Roman Abramovitch, relativement discret jusque-là, vient de promettre aux Russes une prime exceptionnelle de 400 000 euros en cas de victoire final. Entendons nous bien: 400 000 euros par joueur. De quoi vouloir faire mieux qu’une défaite 4 buts à 1…


















