EXCLUSIF. Les sorties en boîte de Tuchel, le chantage de Rabiot et le fantôme Al-Khelaïfi…Les bonnes feuilles du deuxième livre de Paris United

FOOTBALL « 20 Minutes » a obtenu en avant-première des extraits de « PSG, Révélations d’une révolution », épisode 2…

Julien Laloye

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Henrique, NKA, et Tuchel, trois hommes qui ne se veulent pas toujours du bien.
Henrique, NKA, et Tuchel, trois hommes qui ne se veulent pas toujours du bien. — FRANCK FIFE / AFP
  • Le collectif Paris United sort un nouveau livre quelques mois après la publication du tome I, alors très attendu par les supporters du PSG.
  • « 20 Minutes » vous révèle en exclusivité quelques extraits du tome II.
  • Les relations délicates entre Henrique et Thomas Tuchel y sont décortiquées, comme le manque de cohérence au sein de l’état-major parisien.

Un œil sur le site avant de se lancer. Les plans de Tuchel pour faire tomber Liverpool comme si vous y étiez, causeries incluses. Manière de répondre aux sceptiques sur l’air « vous voyez qu’on pèse encore dans le jeu ». Neuf mois après la comète PSG, Révélations d’une révolution, petite bombinette dans le milieu des suiveurs du club parisien et de ses supporters, le collectif Paris United publie le tome II jeudi. Moins de leçons adressées aux médias, comme s’il avait fallu en passer par là pour justifier d’une légitimité, un peu moins de révélations aussi, mais on ne recrute pas Neymar tous les ans.

Si les ressources sont toujours les mêmes (une équipe d’une petite dizaine de personnes à l’origine des infos), des journalistes se sont joints à la troupe pour faire vivre le site internet. Ces derniers sont mêmes accrédités pour certaines rencontres du PSG, signe que l’état-major parisien, d’abord nerveux sur le sujet, n’a pas rué dans les brancards après la sortie du premier livre. Un joueur actuel a bien attaqué les auteurs en diffamation, sans que cela n’affecte beaucoup la maison d’édition Amphora. Assise sur un tas d’or (25.000 exemplaires vendus pour le tome I), cette dernière peut s’allumer en cigare tranquillou en attendant que ça tombe. Le deuxième épisode, dont 20 Minutes vous révèle les bonnes feuilles, va encore faire parler chez les supporters parisiens.

Quand Tuchel espionne ses joueurs en boîte de nuit

Après un long préambule sur le nouvel échec européen consommé face au Real Madrid, l’ouvrage revient sur la prospection du nouveau coach pour inaugurer l’ère post-Emery. On apprend que si Neymar penchait pour Luis Enrique, son ancien entraîneur à Barcelone, c’est un autre Brésilien passé par le PSG, David Luiz, qui se serait chargé de savonner la planche à Antonio Conte auprès de ses compatriotes. Thomas Tuchel, choisi personnellement par l’émir du Qatar, sait qu’il arrive en terrain miné. Mais il essaie tout de suite de prendre la main sur les joueurs, en mode Guy Roux.

« Le club parisien souhaite réinstaurer la rigueur dans le groupe grâce à Thomas Tuchel. L’Allemand se renseigne sur le mode de vie des joueurs, leurs habitudes, n’hésite pas à aller avec son staff dans leurs restaurants favoris, et discothèques fréquentées. Il demande aux responsables des établissements de le prévenir s’ils voient l’un des joueurs parmi leurs clients. Mais il se rend très vite compte qu’il ne peut rien changer à la vie parfois un peu dissolue de son groupe. Notamment face au clan des Brésiliens ».

« C’est du n’importe quoi », quand Jorge Mendes juge l’organisation du club

Le super agent portugais est atterré par les dysfonctionnements de l’institution, largement évoqués dans le bouquin. Les pôles d’influence au sein du club seraient multiples : l’émir au Qatar et son proche conseiller, Nasser Al-Khelaïfi et sa garde rapprochée, Antero Henrique et ses affidés (Maxwell et Ferrer), Thomas Tuchel et son agent de confiance (Olaf Meinking), tous joueraient leur partition en se détestant parfois ouvertement, comme Henrique et Tuchel. Avec des conséquences néfastes sur le dernier mercato d’été du PSG, raté dans les grandes largeurs. « Au PSG, même le jardinier peut donner son avis sur des joueurs », résumera sous forme de boutade Daniel Levy, président de Tottenham.

« Certains agents comme Jorge Mendes sont surpris par l’organisation du PSG. En privé, le célèbre agent portugais affirme que le club parisien « c’est du n’importe quoi ». Il confie à d’autres agents qu’il ne veut plus travailler avec le PSG. « La parole du lundi n’est pas celle du mardi ». Il pense que Paris est un club instable et que Neymar partira rapidement. De son côté, le Brésilien pense que l’organisation du club est « una puta mierda ». Pour Mendes, le point faible du club est son directeur sportif et l’absence de cohérence entre les dirigeants »

Quand le clan Zahavi essaie de refourguer Jesé à tout prix

Grâce à son activité déterminante pour conclure l’arrivée de Neymar à l’été 2017, Pini Zahavi s’est acheté son rond de serviette au PSG. « Mister Fix It », l’un de ses multiples surnoms, mènerait avec une désinvolture admirable son rôle d’agent double, aidant le PSG à se débarrasser des encombrants tout en réfléchissant avec Neymar et son père au futur départ du Brésilien pour le Real Madrid ou ailleurs. Il a introduit dans la bergerie un de ses proches, Fali Ramadani, venu passer une tête plusieurs fois l’été dernier pour négocier certains dossiers au mercato, comme celui de Jesé, auquel l’agent propose un point de chute honorable, à Parme. Mais ce dernier ne veut pas en entendre parler.

« Le super-agent, face aux tergiversations du clan Jesé, s’énerve et lance à l’agent du joueur : "Ce n’est pas de ma faute si ton joueur est nul. Déjà que je me bats pour le sortir. Si j’arrive à le mettre à Parme, c’est un miracle. Personne ne veut de ton Ricky Martin. Il ne jouera pas même pas avec la CFA". Car le joueur espagnol peut parfois ne pas avoir conscience de son niveau et affirme à certains que "Ney quiere jugar conmigo", que Neymar veut jouer avec lui »

Quand Rabiot fait du chantage à la prime à la signature

Un chapitre entier est consacré à la tumultueuse saison du milieu de terrain, qui s’est écarté tout seul de l’équipe de France en refusant d’être suppléant pour le Mondial, alors qu’il avait reçu des garanties de la part du sélectionneur dans le cadre privé, selon Paris United. Une décision qu’il aurait prise seul, contre l’avis de sa mère et agent Véronique, beaucoup plus vindicative quand il s’agit de négocier le nouveau contrat de son fils avec Paris. Quand tout semblait bouclé à la fin de l’été, le clan Rabiot a changé d’avis au point de se fâcher avec Antero Henrique, ce dernier le menaçant jusqu’à récemment de l’envoyer faire le reste de la saison en CFA.

« Antero Henrique réaffirme au clan Rabiot qu’une prime à la signature n’est pas envisageable. Contrairement au FC Barcelone, qui propose une prime à la signature de 10 millions d’euros en plus d’un salaire annuel du même montant, Paris propose de son côté environ 7 millions d’euros avec des bonus allant jusqu’à 10 millions, sans prime. Une annonce qui déclenche la colère de Rabiot, déjà énervé par l’image que le club donne de lui aux supporters. Il affirme en avoir assez de la France. Si Paris ne s’aligne pas sur le Barça, il partira l’été prochain ».

 

Quand Nasser Al-Khelaïfi se fait de plus en plus discret, au point de laisser sa place ?

Toujours décrit par le milieu comme un bourreau de travail apprécié de ses collègues de L1 et de l’ensemble des composants du club, Nasser Al-Khelaïfi est présenté par Paris United comme un président sur le déclin. Moins présent au Camp des Loges, parfois tancé par le Qatar sur des sujets relevant à la fois de sa casquette de président du PSG mais aussi de celle de directeur de beIN sport, NAK n’a pas pesé sur le dernier mercato. Il se détacherait progressivement des cadres de l’effectif, qu’il a souvent choyés depuis son arrivée en France. Le signe d’un départ prochain ?

« Nasser joue gros cette saison en cas d’échec du PSG en Ligue des champions, mais aussi dans l’éventualité où Neymar ferait le forcing pour quitter le club. Le président a toujours fait preuve de proximité avec l’ensemble du club. Mais depuis quelques mois, il a pris du recul, il ne s’occupe presque plus de rien. C’est le grand absent de ce début de saison. Personne ne le voit en dehors des matchs de L1. Nasser ne répond même pas aux sollicitations du clan Rabiot pour sa prolongation de contrat. Il aurait apprécié trouver une personne capable de booster les joueurs, qu’il juge trop gâtés »