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Les raisons d’un fiasco
EURO2008 – Pourquoi les Bleus ont-ils failli autant...Pierre Koetschet (à Châtel St-Denis)
Un seul point, un seul but marqué, six encaissés et le bonnet d’âne du groupe. Quel que soit le bout par lequel on le prend, le bilan des Bleus n’est pas reluisant. Tentative d’explication.
Une préparation ratée
Raymond Domenech l’avait promis, il ne prendrait dans sa liste des 23 que des joueurs à 100% physiquement. Ce fut finalement loin d'être le cas. Gallas à 80% de son propre aveu, Henry handicapé par une contracture manque le premier match, et Patrick Vieira, forfait pour le premier, puis le deuxième, a finalement jeté publiquement l’éponge et mis en cause le staff médical des Bleus à la veille de France-Italie. «Je regrette qu’on ait pas eu quinze jours tous ensemble, comme avant la coupe du monde», a précisé Raymond Domenech. Certes, la préparation a été perturbée par la finale de la Coupe de France et celle de la Ligue des Champions, mais sa décision de jouer trois matchs amicaux aux quatre coins de la France n’a sans doute pas aidé non plus.
Un amalgame qui ne prend pas
C’était la grande interrogation de l’avant-Euro: comment la mayonnaise allait-elle prendre entre des cadres à plus de 30 ans et cent sélections, et une jeune génération triomphante en club, mais novice sur le plan international. C’était d’ailleurs la grande interrogation de Domenech, puisqu’il a révélé, après coup, que cet Euro servait surtout à préparer la Coupe du monde 2010. Les «cadres» devant «transmettre une idée de l'équipe de France, une exigence, et passer le relais, petit à petit», a précisé Domenech mercredi. Mais les rumeurs de mésententes ont semble-t-il obscurci de tableau plutôt idyllique. «Quand on a 20 ans, les vieux sont des vieux cons. Et pour les vieux, les autres sont tous des petits cons», a justifié Domenech. Et surtout, cette théorie pose une grande question: pourquoi Mexes, Flamini et Ben Arfa, qui feront peut-être partie de l’aventure en 2010, ont-ils été oubliés?
Une équipe qui n’a jamais su jouer ensemble
Le constat est de Ribéry, un joueur plutôt individualiste par nature, avant le match face à l’Italie: «Il faut savoir attaquer tous ensemble, et ça on ne l'a pas encore.» Les Bleus n’ont pas vraiment défendu ensemble, sauf face à la Roumanie, et n’ont jamais attaqué vraiment ensemble non plus. Avec des solistes loin de leur meilleur niveau, la France ne pouvait donc pas aller bien loin.
Des choix tactiques douteux
L’échec de l’association Henry-Benzema, le catastrophique recentrage d’Abidal, la titularisation d’un Malouda hors du coup, l’étonnante entrée de Gomis face aux Pays-Bas, le constat est lourd pour Raymond Domenech: aucun de ses choix tactiques n’a été payant. A aucun moment il n’a réussi à peser sur le cours des matchs.
Pas de chance
La blessure de Ribéry, quelques erreurs d’arbitrage. La thèse de la scoumoune a été mise en avant par le sélectionneur. Elle est sans doute un peu parcellaire. Certes, un penalty a été oublié face aux Pays-Bas, il aurait pu changer le cours du match. Reste que l’équipe de France en a pris quatre lors de ce match, et ce n’est pas l’arbitre qui les a mis. Quant au carton rouge d'Abidal, il est aussi difficilement contestable: il fauche Luca Toni par derrière en position de dernier défenseur. Et le handicap s’est révélé trop lourd pour des Bleus finalement bien légers.



















