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Entre cousins germains

Entre cousins germains

EURO2008L'Autriche accueille son puissant voisin allemand lundi et jouera sa qualification pour les quarts de finale...
A Vienne, Antoine Maes

A Vienne, Antoine Maes

Tout le pays n’attendait que ça. Un poil désintéressée par une compétition qu’elle organise sans pouvoir prétendre y faire bonne figure, l’Autriche sort de son sommeil. Lundi soir, les Autrichiens reçoivent le voisin allemand lors du dernier match de poule avec l’espoir d’accéder aux quarts de finale.

C’est déjà un miracle

Quand on est le pays le moins bien classé à l’indice UEFA de tout l’Euro (101e), être encore en mesure de voir les quarts de finale à l’orée du troisième match, c’est déjà un gage de réussite. Dévorés par une petite Croatie (1-0) lors du 1er match, les Autrichiens doivent à un penalty accordé dans les arrêts de jeu contre la Pologne (1-1), et à la défaite de la Mannschaft face aux Croates (2-1) de pouvoir rêver encore un peu. Du coup, ils fanfaronnent un peu, en attendant leurs très glorieux voisins. «Je suis sûr que les Allemands font dans leur froc» a osé Martin Harnik juste après la rencontre face à la Pologne.

En égalisant contre les Polonais, le vétéran Ivica Vastic est même devenu un héros national. Le lendemain de son penalty victorieux un immense «Danke Ivo» barrait la une du «Neues Volksblatt», un quotidien national. Devoir son salut à un vétéran de 38 ans, ce n’est pas glorieux, mais révélateur. Devant la faiblesse de son réservoir, Josef Hickersberger, le sélectionneur, a fait dans le très simple. On insiste sur une préparation physique poussée, en espérant que cela gomme les énormes lacunes techniques.

La Mannschaft en confiance

C’est un pléonasme, mais les Allemands ne doutent pas, même après leur revers de Klagenfurt face aux Croates (1-2). «Tous les joueurs de cette équipe sont habitués à gérer des matches décisifs, même à l’extérieur» souffle le capitaine, Michael Ballack. «Des défaites, on en a connu depuis deux ou trois ans. Et l’équipe s’est à chaque fois relevée. Je reste confiant pour ce match contre l’Autriche» renchérit Joachim Löw, le sélectionneur, qui devrait effectuer quelques changements dans son équipe après avoir aligné deux fois la même formation.

Gijon ou Cordoba ?

Dans l'histoire footbalistique des deux pays, il y a deux écoles. Les Autrichiens ressassent en boucle depuis deux jours ce qu’ils appellent le miracle de «Cordoba». Le 21 juin 1978, le petit poucet Autrichien battait en effet la Mannschaft, alors tenant du titre (3-2), à Cordoba, lors du Mondial argentin. Après 34 ans d’abstinence, il y avait de quoi poussait un petit cri de joie.

Le reste du monde se souvient plutôt de la honte de Gijon, quatre ans plus tard. Lors du Mundial espagnol, les deux équipes s’étaient arrangées pour tenir un résultat (1-0, pour l’Allemagne), qui qualifiait les deux pays. Le dindon s’appelait l’Algérie, et l’a encore en travers de la gorge. Cette fois, il n’y aura pas de faisan : Allemands et Autrichiens sont obligés de gagner pour voir les quarts de finale.