La Croatie a tout compris

Publié le 12 juin 2008.

EURO2008 – Les Croates signent la première grosse surprise de la compétition en battant l'Allemagne (2-1). Sans discussion…

Les Croates signent la première grosse surprise de la compétition en battant l’Allemagne (2-1). Sans discussion…

Bilic a tout pigé
La Mannschaft faisait peur? Slaven Bilic, le sélectionneur croate, avait rudement bien ficelé son petit paquet tactique. Livraison jeudi soir au Worthersee Stadion de Klagenfurt.
Le Croate a d’abord compris que son équipe n’avait aucun intérêt, en début de match, à vouloir répondre du tac au tac aux Allemands. Appuyés sur Simunic et Robert Kovac en défense, la Croatie a donc commencé par briser toutes les attaques germaniques. Le contre? Interdit! On garde la balle, on fait tourner, et on refroidit le rythme de la partie.

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Les dangereuses 20 premières minutes écoulées, le moteur croate s’est emballé. Une séquence d’une vingtaine de passes, qui se termine par un centre au-dessus des têtes de la défense centrale allemande. Le tout repris à bout portant par Srna (1-0, 23e). «On savait où ils étaient dangereux, on ne devait pas leur donner d’espaces sur les côtés. Et nous, on savait où on pouvait être dangereux. Le meilleur moyen pour battre l’Allemagne, ça reste de bien jouer», explique le bouillant coach croate.

Modric les a écoeuré

L’Allemand est susceptible. Joachim Löw a donc sorti du banc Kuranyi, Odonkor et Schweinsteiger en seconde période. Mais Pletikosa s’est interposé devant Ballack (48e), et la bande à Jogi Löw s’est de plus en plus empêtrée dans sa médiocrité. «On a raté trop de passes, perdu trop de duels…. En fait, on n’a pas été au niveau qui devrait être le nôtre, comme contre la Pologne», souligne le sélectionneur allemand, pour qui les soucis ne se sont pas arrêtés là.

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Luka Modric a en effet commencé à illuminer toute la Carinthie. Il n’a pas l’air de grand-chose, le futur joueur de Tottenham. Mais dans toutes les situations chaudes, ses coéquipiers lui ont refilé le bébé. Le placement le moins risqué du marché actuellement… La preuve, l’UEFA l’a élu homme du match. «Dobardan» (merci), comme on dit en croate. Une fois que le petit jeune (23 ans) eut fini de faire tournoyer Torsten Frings et Michael Ballack, les Croates se sont dit que les Allemands étaient à point. «Luka, je lui répète souvent que c’est le meilleur joueur d’Europe», ose même Slaven Bilic.

Olic les a tués
Entre deux ailes de pigeon et des plongeons façon «Actor’s Studio», les Croates se sont dit qu’il serait peut-être temps de tuer le match. Srna centre, Lahm contre, Lehmann dévie sur son poteau, et Olic double score à bout portant (2-0, 62e). «Quand on bouge comme ça, on devient extrêmement dangereux», menace Luka Modric.

La Mannschaft n’est pas devenue bidon en 90 minutes. Poussé par le virage jaune-rouge-noir, Lukas Podolski a rejoint l’Espagnol David Villa en tête du classement des buteurs en réduisant le score (2-1, 79e). «Quand le milieu et la défense sont passés, il nous reste toujours Pletikosa dans les buts», avance Slaven Bilic. Les 10 joueurs de champ croates ont donc eu l’amabilité de laisser une part de lumière à leur gardien. Dix minutes à repousser des centres des deux points, ils ont trouvé ça suffisant.
A Klagenfurt, Antoine Maes
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