Naples-PSG: Consignes pas suivies, jeu à reculons... Le quart d'heure qui a coûté les trois points aux Parisiens

FOOTBALL Les Parisiens ont foiré leur entame de deuxième mi-temps, mardi...

William Pereira

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NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON!!!
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON!!! — AFP (Montage WP)

De notre envoyé spécial à Naples,

Quand on a pigé que la zone mixte du San Paolo n’était en fait que le parking du stade – un grand classique dans le milieu – on était déçu. Mais peut-être pas autant que les joueurs du Paris Saint-Germain ayant eu l’amabilité de s’exposer aux particules fines émises par le bus du Napoli juste en amont pour répondre à nos questions. « On fait pas un match catastrophique mais il y a de la déception », résume Thomas Meunier.

On peut le comprendre. Les Parisiens avaient fait le plus dur en éteignant le Vésuve dans les arrêts de jeu de la première période grâce à l’improbable Bernat avant de prendre une déferlante bleue azur dans les gencives dès les premiers instants du second acte. « On savait qu’il y aurait de la pression en deuxième période », regrette Thiago Silva. Meunier, poursuit :

« Le seul et l’unique problème pour moi a été ce moment de flottement en deuxième mi-temps où on a gardé un bloc beaucoup trop bas alors que la demande du coach était de continuer à imposer un pressing haut, à faire la différence et à chercher un deuxième [but], un troisième. On a failli de ce côté-là. »

Si le Belge ne nous l’avait pas dit, on n’aurait jamais pu deviner les consignes du coach allemand à la mi-temps. Dès la 46e minute, le PSG a commencé à reculer, reculer, reculer. Jusqu’à terminer dans ses propres buts. Et encore, les supporters napolitains – y compris le journaliste excédé installé à côté de nous en tribune presse – ont bien cru pendant dix, douze minutes que ce démon de Gigi Buffon les dégoûterait jusqu’au bout de la nuit. Selon un recensement 20 Minutes au doigt mouillé, l’Italien a :

  • Arrêté en deux temps une frappe de Mertens (49e)
  • Claqué un lob de filou du même Mertens deux minutes plus tard
  • Dégoûté Insigne sur une frappe à l’entrée de la surface (56e)


Buffon a beau être divin ou tout ce que vous voudrez, il était inconcevable de le voir tenir une demi-heure supplémentaire à ce rythme stakhanoviste. Il pleuvait des occasions. Une toutes les 30 secondes, puis 25, puis 15. Un genre de test Luc Léger mais avec des grosses mines dans la tronche à la place des « bip ». En grand seigneur, Thiago Silva, l’homme des grands matchs, abrège ses souffrances en bazardant un ballon dans la surface. Sa sainteté Gigi est obligée de se déchoir en commettant l’impardonnable dans la surface. Insigne transforme. Le Brésilien demande pardon en zone mixte (toujours bourrée de particules fines) :

« J’ai fait une erreur technique… quand j’ai regardé le ballon, il était trop près de moi et après il a rebondi vers Gigi et après c’était difficile de revenir pour le reprendre. Je sais pas si c’est moi ou Gigi qui pousse un joueur mais c’est une erreur qui nous fait mal, parce que je suis un mec qui essaye de faire de son mieux pour l’équipe, et aujourd’hui j’ai fait une erreur. Mais il faut lever la tête. »

T’as raison, Thiago. Faut pas se laisser aller. Lever la tête. Et monter le bloc défensif quand on prend l’eau, aussi, c’est un peu le rôle du stoppeur (surtout quand il est capitaine). Bref. Il faut quand même reconnaître aux hommes d’Ancelotti le mérite d’être allés arracher cette égalisation comme des chefs sous l’impulsion d’un public à la hauteur de sa réputation. « Le retour au vestiaire était difficile comme ils sont à domicile, ils ont beaucoup poussé. On a essayé de rester haut mais ils nous ont forcés à rester dans notre camp et à concéder ce penalty », analyse Kylian Mbappé.

Ils s’en prennent tous à l’arbitre… sauf le grand sage Mbappé

« Continuer de travailler », « garder la tête haute », « progresser tactiquement », sont des termes qui sont revenus sans cesse en zone mixte. Ok, mais comment expliquer qu’à chaque fois qu’il est mis sous pression par une équipe digne de ce nom, qu’il a un temps faible, ce PSG finit par craquer ? Marquinhos s’en remet à Tuchel (« le coach, il analysera le match demain, il analyse toujours bien nos matchs ») puis se cache derrière l’arbitre.

« Je pense aussi qu’on a été préjudicié par l’arbitrage. Je sais que c’est un travail très difficile mais moi de l’autre côté du terrain j’ai vu qu’il y avait penalty [sur Bernat] et lui à dix, 20 mètres il a pas vu. » Meunier et Silva n’en pensent pas moins. La sagesse vient, une fois de plus, du plus jeune d’entre eux. « Ça fait partie du jeu, il faut le prendre en considération, l’arbitre s’est peut-être trompé, bon, il faut passer à autre chose. » A la réception de Liverpool dans trois semaines, par exemple ?