Basket féminin : «L'âge d'or de Villeneuve d'Ascq n'est pas révolu» espère Frédéric Dusart

BASKET Le club nordiste est confronté à l'arrivée de nouveaux riches dans le basket féminin français...

Francois Launay

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A Villeneuve d'Ascq, le 11 octobre 2015 - Le match de Ligue Feminine ESBVA-Calais au Palacium. l'entraineur Frederic Dusart (ESBVA).
A Villeneuve d'Ascq, le 11 octobre 2015 - Le match de Ligue Feminine ESBVA-Calais au Palacium. l'entraineur Frederic Dusart (ESBVA). — Gilles Durand / 20 Minutes

Vainqueur de l’Eurocoupe en 2015, champion de France en 2017, troisième de la saison régulière l’an passé, Villeneuve d’Ascq est l’un des meilleurs clubs de basket féminin français de ces dernières années. Malgré ce statut, l’ESBVA peine à attirer des joueuses de grand renom au moment de débuter samedi à Paris une nouvelle saison de Ligue féminine. La faute à des moyens limités et une concurrence accrue avec l’arrivée de nouveaux riches comme l’explique Frédéric Dusart, le coach villeneuvois.

Villeneuve d’Ascq a de plus en plus de mal à attirer des joueuses. Pourquoi ?

Il est clair qu’on est passé de la deuxième à la cinquième masse salariale sans l’avoir baissé pourtant. Si Bourges a toujours été devant, des clubs comme Charleville, Montpellier et Lyon nous ont doublés. Charleville a bénéficié de la chute du basket masculin pour récupérer subventions et partenariat privés. Montpellier a eu un changement de dirigeants qui ont conduits à l’arrivée de nouveaux sponsors. Et Lyon a bénéficié de l’arrivée de Tony Parker à la tête du club. Beaucoup de joueuses de ces équipes touchent entre 90 000 et 100 000 euros par an. Alors que chez nous, non.

Comment rester attractif au vu de cette concurrence accrue ?

C’est justement la question. On avait eu un premier envol financier suite à notre victoire en Eurocoupe en 2015. Mais bizarrement, suite à notre titre de champion de France en 2017, on n’a pas vu notre budget augmenter. Au contraire car notre masse salariale a légèrement baissé après ce titre. On n’a pas réussi à surfer économiquement là-dessus. Et puis, on est dans une métropole où il y a plusieurs clubs qui se battent pour avoir des sponsors comme le LOSC, le TLM (volley) ou encore le LMB (Lille). On est dans une région dynamique certes mais avec beaucoup de concurrence au niveau du sport. Ce n’est pas le cas à Bourges ou Charleville où il n’y a que le basket féminin.

Du coup, quelles seront les ambitions de l’ESBVA cette saison ?

J’ai lu à droite à gauche que l’âge d’or de Villeneuve d’Ascq était révolu. On va essayer de prouver l’inverse. C’est vrai que ça fait deux ans qu’on n’arrive plus à recruter de grands noms du basket comme on avait eu il y a 3-4 ans avec Wauters, Meesseman, Ayayi… On va essayer d’être plus malin et de défendre nos valeurs. Heureusement, l’aspect économique ne définit pas les résultats sportifs. Charleville, Bourges, Lyon ou Montpellier vendent des projets de champion de France, des choses qui font rêver alors qu’on garde une certaine humilité à Villeneuve d’Ascq. Mais ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas l’ambition de les titiller voire de leur passer devant.

Que vendez-vous pour attirer des joueuses ?

Celui de finir européen en fin de saison. Il y a deux places européennes en moins en fin de saison (de 8 à 6). Il y a quatre clubs qui semblent au-dessus du lot. Ce sera une vraie bataille pour figurer dans les deux places suivantes. L’objectif sera donc de pérenniser le club sur la scène européenne. Il ne faut pas qu’on rentre dans le rang.