Coupe du monde 2018: Horaires aménagés et prono interne, la dure vie des Bleus du volley en plein Mondial de foot

VOLLEY L’équipe de France dispute la phase finale de la Ligue mondiale pour la première fois de son histoire à domicile… dans le plus grand anonymat ou presque

Francois Launay

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Earvin Ngapeth disputent la Volley Nations League du 4 au 8 juillet au stade Pierre Mauroy
Earvin Ngapeth disputent la Volley Nations League du 4 au 8 juillet au stade Pierre Mauroy — PIOTR NOWAK / AFP
  • Les volleyeurs français disputent le Final 6 de la Volley Nations League du 4 au 8 juillet au stade Pierre Mauroy
  • Organisé pour la première fois en France, l’événement passe inaperçu en raison de la coupe du monde de foot
  • Mais les volleyeurs ne s’en formalisent pas et espèrent marquer les esprits avant l’Euro 2019 qui sera organisé en France

En temps normal, on en aurait parlé beaucoup plus. Mais là, on n’est pas loin de l’anonymat ou presque. A partir de mercredi, l'équipe de France de volley dispute au stade Pierre Mauroy de Villeneuve d’Ascq la phase finale de la Volley Nations League, nouveau nom de la Ligue mondiale, qui réunit les six meilleures équipes de la planète.

Cette compétition prestigieuse, « sorte de tournoi des Six Nations avec l’hémisphère Sud en plus » comme la décrit Laurent Tillie, le sélectionneur des Bleus, se déroule tous les ans. Et pour la première fois, elle a lieu en France dans le cadre grandiose du stade Pierre Mauroy, en configuration Arena.

« N’importe quel sport à ce moment-là aurait eu du mal à exister »

Gros problème : la compétition tombe cette année en pleine coupe du monde de football. Et malgré un match de prestige France-Brésil pour ouvrir le bal, impossible ou presque d’exister pour le volley actuellement.

« C’est compliqué, oui. T’allumes la télé à n’importe quelle heure de la journée, t’as quelque chose sur le foot. C’est embêtant mais on le savait et ça ne concerne pas que le volley. N’importe quel sport à ce moment-là aurait eu du mal à exister », avoue Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus.

Des volleyeurs fans de foot

Même regret pour Laurent Tillie qui se montre fataliste. « C’est une année un peu compliquée. Dommage, c’est quand on est en France. C’est difficile d’exister face à la coupe du Monde. Mais c’est normal. C’est le sport planétaire qui remplit les stades quelle que soit l’équipe dans n’importe quel pays », constate le sélectionneur.

Mais n’allez pas croire que les volleyeurs en veulent aux footballeurs. Bien au contraire. Comme beaucoup de Français au travail ou entre potes, les Bleus du volley ont aussi leurs concours de prono interne où tout le monde se fait chambrer.

Des horaires qui ne rentrent pas en concurrence avec le Mondial

« On a même demandé de déplacer notre entraînement de samedi qui était programmé à la même heure que France-Argentine. Personnellement, j’essaie de ne pas rater un match » souligne Earvin Ngapeth, la star de l’équipe qui reconnaît être un grand fan de foot.

D’ailleurs, la programmation des rencontres de la Volley Nations League est même faite en fonction des matchs du Mondial. Vendredi, à l’heure de France-Uruguay (16h), rien n’est prévu sur le court du stade Pierre Mauroy.

« J’espère que ça va fonctionner et que les gens vont venir nous voir au stade », lâche Benjamin Toniutti.

Une jauge ramenée à 15 000 places

L’engouement populaire sera justement scruté de près. Après avoir envisagé une jauge à 27 000 spectateurs, celle utilisée pour la coupe Davis ou l’Euro de basket, les organisateurs ont vite décidé de revoir leurs ambitions à la baisse. Finalement, le dernier anneau du stade sera fermé pour une jauge maximale estimée à 15 000 places. Mais pas sûr pour autant que l’événement fasse le plein.

« On vient de tellement loin, on est tellement peu connus. On prêche un peu dans le désert mais il faut toujours essayer de faire fructifier », admet Laurent Tillie.

Alors, pour attirer au moins un peu la lumière sur elle pendant le week-end, les volleyeurs français se doivent de s’imposer. « Pour qu’on parle de nous un peu en France, Mondial de foot ou pas, on doit gagner. On n’a pas le choix. Si on fait sixième, on va se taper la honte », reconnaît Earvin Ngapeth.

Marquer les esprits avant l’Euro organisé en France en 2019

Et encore pas sûr que cela suffise comme le reconnaît le sélectionneur d’une équipe championne d’Europe en 2015 et vainqueur de deux des trois dernières éditions de la Ligue Mondiale (2015, 2017).

« Ça fait cinq ans qu’on fait des résultats et on ne parle toujours pas de nous. Je souhaite juste que les personnes qui viendront nous voir prennent goût au volley et en parlent ensuite autour d’eux », espère Laurent Tillie.

Une bonne façon de préparer l’Euro qui se déroulera en France en 2019. Une année impaire pendant laquelle il n’y aura ni coupe du monde ni Euro de foot. De quoi pouvoir enfin exister aux yeux du grand public.