Nantes: «Je ne me sens pas comme une femme au milieu des hommes», estime Audrey Sauret

BASKET MASCULIN Le nouveau manager général du Nantes basket Hermine (NBH) arrive avec une sacrée carte de visite dans un club masculin...

David Phelippeau

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Audrey Sauret récompensée en 2014.
Audrey Sauret récompensée en 2014. — Alain Coudert/Sportvision/SIPA
  • Audrey Sauret, 41 ans, est le nouveau manager général du Nantes basket Hermine.
  • Elle exerçait déjà ce rôle à Charleville depuis 3 ans avant d'être licenciée.
  • Etre une femme  avec des grandes responsabilités dans un milieu d'hommes ne pose aucun problème à Audrey Sauret.

C’est un double événement pour le Nantes basket Hermine. Le club de Pro B s’est offert les services d’un manager général, et c'est une femme. Son nom :  Audrey Sauret, 41 ans, ex-joueuse de l’équipe de France (plus de 200 sélections de 1994 à 2007) avec un palmarès long comme le bras.

Après « une saison à oublier », Jean-Luc Cadio, président du Nantes basket Hermine, a vu « le couperet [de la relégation] qui descend de jour en jour ». « Ça fait beaucoup réfléchir et on se pose beaucoup de questions », ajoute Cadio. Avec un objectif de montée en pro « dans les trois ans » dans un coin de la tête, le dirigeant a donc décidé de structurer davantage le club avec l’arrivée d’Audrey Sauret au poste de manager général. Une nouveauté qui coïncide avec l’entrée à la Trocardière pour le Nantes basket Hermine.

Interface entre le coach et le président

Quel sera le rôle de celle qui a occupé le même poste à Charleville-Mézières (Pro B masculine) pendant trois ans avant d’être licenciée pour raisons économiques il y a quelques semaines ? Sauret explique sa future mission aux contours larges : « exploiter au mieux la nouvelle salle de Trocardière avec le grand public et les partenaires privés », « interface entre le coach [ Jean-Baptiste Lecrosnier] et le président », « échanger au quotidien avec le coach sur la gestion de l’équipe au quotidien » etc.

C’est d’ailleurs l’entraîneur en personne qui a insisté pour que ce poste de manager général soit enfin créé à Nantes. « Le coach m’a tout de suite dit qu’il n’avait aucun problème pour travailler avec une femme », confie le président. « Femme ou homme, ce n’est pas très important, corrobore Jean-Baptiste Lecrosnier. Le principal est de travailler avec des gens compétents. »

Elle ne se sent pas comme une femme au milieu d’hommes

Audrey Sauret est en effet la première ancienne joueuse à occuper ce poste dans un club masculin. Et est-ce compliqué pour une femme d’avoir un tel poste à responsabilités dans un club pro masculin ? « Beaucoup de gens se sont posé la question au début, mais moi je ne me la suis pas posée, répond, tout sourire, Audrey Sauret. J’ai une connaissance basket, une connaissance du très haut niveau. Je ne prétends pas tout savoir, mais je connais les exigences dont on a besoin pour réussir dans un club de très haut niveau. Que ce soit fille ou garçon, on parle basket, et moi, je pense qu’on est tous complémentaires. »

Elle poursuit avec beaucoup d’aplomb : « Je ne me suis jamais sentie inférieure. Je n’ai pas pris ce poste en me sentant comme une femme au milieu des hommes. Je me suis sentie comme une basketteuse qui cherchait un job dans son milieu. »

Audrey Sauret finit par avouer qu’à Charleville, « ça n’a pas été facile tous les jours, mais la crédibilité de ma carrière fait que quand je parle basket on m’écoute un peu quand même. » Elle ne nie pas néanmoins quelques tensions : « Je suis tombée sur deux ou trois joueurs qui avaient un vrai problème d’être gérés par une femme. Ils ont fait avec. Ça a été frontal et j’ai été appuyée par les gens qui m’ont choisi dans le club. » Le Nantes basket Hermine est prévenu, Madame la manager générale ne se laissera pas marcher sur les pieds.

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