Coupe du monde 2018: Ne couchez pas avec des étrangers, le conseil d'une députée aux Russes

RECOMMANDATION Les enfants nés de couples mixtes « souffrent beaucoup (…) et ce, depuis l’époque soviétique », car leurs mères doivent souvent élever leurs enfants seuls selon la députée…

C. Ape. avec AFP

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Stade de Volgograd en Russie
Stade de Volgograd en Russie — Dmitriy Rogulin/AP/SIPA

« Faut pas faire un enfant avec les personnes que tu connais pas bien. » Basique. Un conseil qu’une responsable parlementaire russe a jugé bon de donner à ses compatriotes à la veille du début du Mondial, estimant qu’elles risquaient de finir mères célibataires.

Pour la députée Tamara Pletneva, 70 ans, l’arrivée de centaines de milliers d’étrangers en Russie signifie qu'« il y aura des femmes qui sortiront avec eux et qui donneront naissance à des enfants ».

Des enfants d’une « race différente »

« Mais j’espère qu’elles ne le feront pas », a déclaré la députée à la tête du comité de la Douma (chambre basse du Parlement) de la Famille, des femmes et des enfants à la radio locale Govorit Moskva.

Prenant l’exemple des Jeux olympiques de 1980, à Moscou, lors desquels de nombreuses femmes russes avaient eu des enfants avec des étrangers, elle a rappelé que ces derniers étaient parfois d’une « race différente ». Pour la députée, les Russes doivent « donner naissance à (leurs) propres enfants ».

Les enfants nés de couples mixtes « souffrent beaucoup (…) et ce, depuis l’époque soviétique », car leurs mères doivent souvent élever leurs enfants seuls, les pères quittant le pays une fois les compétitions finies, a relevé Tamara Pletneva.

« S’ils sont d’une race différente, c’est fatal »

Les enfants « ont de la chance s’ils sont de la même race (que leur mère), mais s’ils sont d’une race différente, c’est fatal », assure la députée, tout en clamant : « Je ne suis pas nationaliste ». Selon elle, les femmes russes doivent se marier avec « des citoyens russes, créer une bonne famille et vivre en paix ».

Cette déclaration a provoqué une vague d’indignation et une avalanche de critiques sur les réseaux sociaux russes. « Je me demande ce que Pletneva dira lorsqu’on lui rappellera qu’il faut dire "non" au racisme », a ainsi écrit la journaliste radio Tatiana Felguenhauer sur Twitter, rappelant l’un des mots d’ordre phares des autorités russes pour le Mondial.

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