Les anciens conseillent Tony Estanguet
JO – Pour être un bon porte-drapeau, mieux vaut éviter certains accrocs. Quatre des prédécesseurs du canoéiste font part de leur expérience et se prêtent au jeu des conseils…Romain Scotto
Le compte à rebours est lancé. A partir de mercredi, le canoéiste Tony Estanguet n’a plus que 99 jours pour apprendre à porter son drapeau. Aussi bête que cela puisse paraître, l’exercice demande une réelle préparation. Quand on entre dans un stade où s’amassent 91.000 personnes, mieux vaut éviter de semer ses partenaires ou faire tomber sa bannière…
Moralement éprouvant
De l’aveu des anciens porte-drapeaux, l’expérience n’a rien d’éprouvant physiquement. Mais selon l’ancien escrimeur Philippe Riboud, préposé en 1984, « Tony y laissera sûrement des plumes nerveusement. La charge émotionnelle est tellement forte qu’il faut quelques jours pour récupérer.» Les épreuves de canoë débutant le lundi 11, Estanguet aura donc quatre jours pour se remettre de ses émotions.
Pour David Douillet, désigné en 1996 à Atlanta, l’essentiel est de ne pas se laisser impressionner, même si cette nomination est «très, très lourde de sens». «Généralement, en plus de représenter un pays, on attend des porte-drapeaux qu’ils ramènent une médaille. La pression est plus forte.» A moins que le nouveau leader de la délégation française, déjà double champion olympique, n’en tire un surplus de motivation.
Marcher en cadence
Plus pragmatique, l’ancien escrimeur Jean-François Lamour se souvient d’une erreur commise en 1992 dans le stade de Barcelone. «Je marchais trop vite… A un moment donné, je me suis retourné et j’avais vingt mètres d’avance. Quand on est porté par la foule, on a tendance à accélérer le pas. Il faut y faire attention. Le plus important c’est de marcher en cadence.» Lors de ce défilé, un vent tourbillonnant avait même fait voler le canotier du futur ministre des Sports.
Enfin, même si Tony Estanguet n’est pas réputé superstitieux, certains fétichistes se demandent déjà de quel pied le canoéiste entrera dans le stade. Un brin ironique, Jackson Richardson avoue s’être posé cette «question existentielle» à Athènes, en 2004. «Il a trois mois pour y répondre. Ca fait du temps. Il peut même se décider deux heures avant s’il le veut.» Tony Estanguet est prévenu. Avant de viser un nouveau titre olympique, il sait désormais comment bien entamer ses Jeux.


















