Les Boulogne Boys sont dissous

FOOTBALL Après l'affaire de la banderole...

Avec agence

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Le plus âgé, 28 ans, a affirmé être "membre du bureau des Boulogne Boys", la plus grosse association de supporteurs du PSG, où il serait entré en 1999, selon ses déclarations rapportées par le procureur.
Le plus âgé, 28 ans, a affirmé être "membre du bureau des Boulogne Boys", la plus grosse association de supporteurs du PSG, où il serait entré en 1999, selon ses déclarations rapportées par le procureur. — Mehdi Fedouach AFP/Archives

Face aux ultras, MAM a décidé de frapper fort. Par décret, l'association des Boulogne Boys est dissoute, tout comme les «Faction Metz», des supporters ultras du FC Metz. Ces deux assocations de supporters étaient dans le viseur depuis l'affaire de la banderole anti-ch'ti au Stade de France et les insultes et gestes racistes lors d'un match entre Metz et Lyon.

Devant l'émotion suscitée par ces faits, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a choisi la solution radicale en interdisant ces deux groupes. Le président des Boulogne Boys, Pierre-Louis Dupont, contacté par 20minutes.fr n’a pas souhaité s’exprimer pour le moment.

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Le 29 mars, lors du match Paris-SG - Lens, une banderole «Pédophiles, chomeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis» avait été déroulée dans un virage du Stade de France sous les yeux de Nicolas Sarkozy. Ces incidents s’étaient déroulés dans les travées réservées aux Boulogne Boys et les premiers éléments de l’enquête mettraient en cause des supporteurs du PSG de cette association ainsi que des indépendants. La banderole injurieuse de la finale de la Coupe de la Ligue était constituée de 11 morceaux de 5 mètres, portés par au moins onze personnes, selon le procureur de Bobigny. Elle aurait été confectionnée la veille au soir aux abords du local des Boulogne Boys au Parc des Princes.

L'appel aux témoignages des Boys

Plusieurs responsables de cette association fondée en 1985, ont été longuement entendus, mercredi 16 avril, au ministère de l'Intérieur, par les membres de la Commission nationale de prévention des violences lors des manifestations sportives qui s'est prononcée, mercredi pour leur la dissolution des Boys. Sur leur site, les Boulogne Boys demandent aux internautes d'écrire des témoignages pour montrer l'utilité de leur association. Ils publient aussi un communiqué expliquant qu'ils ne sont en rien responsables de la fameuse banderole.

Débordés par des indépendants?

Créée en 1985 et d'inspiration anglo-saxonne, le groupe des Boulogne Boys était une des plus importantes associations de supporters du PSG avec 650 membres. Les dirigeants du PSG avaient choisi le dialogue avec cette association de supporters, sorte de vitrine officielle de la tribune Boulogne qui compte près de 6.000 supporters.

Dans un entretien qui'il avait accordé à 20minutes.fr après l'affaire de la banderole, le président des Boulogne boys nous affirmait que l'affaire de la banderole «avait été coordonnée par des indépendants sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir». Sur les trois personnes mises en examen dans cette affaire pour le moment, une seule semble appartenir aux Boulogne Boys. Les autres seraient des «indépendants», un groupe aux contours flous d'environ 200 personnes ultra-violentes dont le rôle obscur avait déjà été souligné lors de la mort d'un supporter du PSG, Julien Quemener, à la suite d'échauffourées à connotation raciste en novembre 2006 lors d'un match entre le PSG et un club israélien de Tel Aviv.

En 2006, un autre groupe de supporters, les Tigris Mystics, avait été dissous à la suite de nombreux incidents avec d'autres groupes, notamment les Boulogne Boys.

Une faction infiiltrée par les Jeunesses Identitaires

La Faction Metz s'était, elle, déjà autodissoute quelques jours après des faits graves en marge du match Lyon-Metz (2-0) du 23 février, mais cet acte ne l'empêchait pas de se reformer, ce qui a sans doute conduit à une dissolution officielle. Composée d'une quarantaine de supporteurs extrémistes, La Faction s'était distinguée au stade de Gerland à la fin de Lyon-Metz (2-0) le 23 février par des propos et des comportements à connotation nazie. Lors de cette rencontre, «il y avait eu un bras tendu, un ‘Sieg Heil’ avait été lancé et une chanson (nazie) avait été entonnée», selon Jacky Ancel, directeur de la sécurité du FC Metz.

Issu d'une scission de Génération Grenat, l'un des clubs de supporteurs reconnus par le FC Metz, La Faction n'avait jamais été formellement constituée et ne possédait aucun statut juridique. Créé fin 2003, le groupe a par la suite été infiltré par Les Jeunesses identitaires, une mouvance proche du Front National. Agés de 18 à 50 ans, ses membres ont toujours montré une agressivité particulière à l'égard de leurs «voisins» de l'Est de la France (Nancy, Strasbourg, Sochaux) et se sont régulièrement illustrés dans les stades par leur comportement extrémiste.