VIDEO. Cyclisme: Comment trace-t-on le parcours de Paris-Roubaix?

CYCLISME Pourquoi le parcours de la reine des classiques change peu ? Thierry Gouvenou, directeur de la course, nous donne des explications…

Francois Launay

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111e Ždition de la course cycliste Paris-Roubaix le 7 avril 2013. Ici les coureurs passent sur le mythique secteur pave de la Trouee d'Arenberg.
111e Ždition de la course cycliste Paris-Roubaix le 7 avril 2013. Ici les coureurs passent sur le mythique secteur pave de la Trouee d'Arenberg. — M.LIBERT/20 MINUTES

257 kilomètres dont 54,5 de pavés. Le parcours 2018 de Paris-Roubaix, qui se court ce dimanche, ne présente pas de grosses surprises. À l’exception du secteur pavé de Saint-Vaast (1.500 m), qui sera emprunté pour la première fois par les coureurs, et un passage 100 ans après devant la clairière de Rethondes où a été signé l’armistice de la Première guerre mondiale (14-18), le reste ressemble à du grand classique.

Il faut dire que les organisateurs sont soumis à quelques règles tacites qu’ils ne peuvent pas vraiment bafouer quand ils tracent le parcours. « On est limité dans le nombre de kilomètres. On peut pas vraiment aller au-delà de 260 kilomètres de course surtout avec autant de kilomètres pavés. C’est la course d’un jour la plus dure au monde, ça ne sert à rien d’aller plus loin dans la difficulté », explique Thierry Gouvenou, directeur de Paris-Roubaix.

Des lignes TGV qui empêchent un changement de parcours

Autre explication de ce classicisme dans le tracé : les grands travaux ferroviaires qui ont eu lieu dans l’agglomération lilloise il y a une vingtaine d’années.

« L’installation des lignes TGV au sud de Lille ne nous laisse plus beaucoup le choix pour changer le parcours. Cela a supprimé pas mal de passages alternatifs pour rejoindre Roubaix. On peut faire évoluer le parcours jusqu’à Valenciennes mais dès qu’on se rapproche de Lille, ce n’est plus possible », poursuit l’organisateur.

Le parcours ne change pas mais le suspense reste entier

Pourtant, des secteurs pavés, il en reste encore beaucoup dans la région. Mais ils ne sont pas situés forcément à proximité du parcours actuel et donc difficiles à intégrer. « Il en reste pas mal mais on ne peut pas les relier les uns aux autres. Mais ce n’est pas frustrant car il y a déjà beaucoup de secteurs pavés sur Paris-Roubaix. »

Surtout, même si le parcours ne change pas beaucoup, le suspense demeure chaque année. Car le principe même des pavés où une crevaison et/ou une chute peuvent survenir à n’importe quel moment fait tout le charme de la reine des classiques. D’ailleurs, la course revient de loin car il y a une vingtaine d’années, faute d’entretien des secteurs pavés, c’est son existence même qui a été menacée.

La course aurait pu disparaître il y a quelques années

« La survie de la course était en jeu, il ne faut pas l’oublier. On a failli perdre ce joyau car les secteurs n’étaient plus entretenus et les gens ne voyaient pas l’intérêt de le faire. Maintenant, c’est acquis. On embellit les secteurs et on en a une prolifération. Il y a eu une sacrée évolution et on ne va pas se plaindre », se réjouit Gouvenou.

Comme un symbole, c’est en 1968 que Paris-Roubaix a fait sa révolution en remplaçant son passage dans le bassin minier par la mythique trouée d’Arenberg. Depuis la course vit sur cet héritage. Ajoutez à ça la mythique arrivée au Vélodrome et on a vraiment du mal à voir ce qu’il faudrait changer à cette course de légende.