PSG-Real Madrid: Zidane peut-il être le prochain entraîneur du PSG?

FOOTBALL L’entraîneur tricolore pourrait mettre un terme à son aventure madrilène à la fin de la saison…

Julien Laloye
— 
Zidane futur coach de Dani Alves? Ca paraît compromis
Zidane futur coach de Dani Alves? Ca paraît compromis — James Marsh/BPI/Shutter/SIPA

C’est à peu près acquis, Zinedine Zidane terminera un jour sélectionneur des Bleus. Enfin, quand Deschamps aura rendu les clés du château, d’ici à 2032. Cela tombe bien, ça laisse un peu de temps à Zizou pour claquer une ou deux Ligues des champions avec le PSG. Le plus grand entraîneur français du moment aux commandes du projet le plus ambitieux jamais monté par un club de L1 ? Dit comme ça, l’affaire tombe sous le sens. 20 Minutes vous explique pourquoi c’est faisable. Et pourquoi il n’y aura peut-être pas meilleure opportunité que l’été prochain, sous réserve de remplir trois conditions. Accrochez-vous.

>> A lire aussi: Et si Zizou sautait? On vous raconte à l'avance les derniers mois de Zidane au Real Madrid

1 - Que Zidane quitte le Real Madrid en juin

Sur le papier, Zizou et le Real, c’est du solide. Un contrat prolongé jusqu’en 2020, un palmarès en béton armé en deux ans de temps, et l’adhésion pleine et entière d’un effectif qui sait y faire quand il s’agit de faire sauter un entraîneur. Florentino Perez, qui a pris la mauvaise habitude de virer ses coachs en se brossant les dents le matin, se tient tranquille malgré une saison compliquée en championnat, où le Real a souvent fait honte au suiveur (largué à 15 points du Barça). Le sentiment le plus largement répandu, y compris dans la presse promadrilène, à la capacité d’émergement maximale ? Zizou survivrait largement à une élimination au Parc des Princes et une année blanche, au regard des succès passés.

C’est plutôt chez le Français qu’il faut voir une faille dans ce désir de continuité. « Zidane s’est déjà mis d’accord avec Florentino Perez à la fin de la saison. Même s’il devait gagner une nouvelle fois la Coupe d’Europe, il part à 99 % », nous assurait un proche du club merengue avant le match aller. Un point pour lui ? Dans ses déclarations récentes, Zidane a largement entretenu l’idée d’une certaine lassitude après deux ans sur l’un des bancs de touche les plus exigeants de la planète. Exemple la semaine dernière, quand une question sur son avenir s’est invitée en conférence de presse.

« C’est beaucoup d’usure d’être entraîneur, sûrement encore plus au Real Madrid que dans n’importe quel autre club. C’est évident qu’à un moment il doit y avoir du changement, c’est bon pour tout le monde, le club, les joueurs et l’entraîneur. C’est un métier qui use, et encore plus ici ».

Zidane a nuancé un peu sa sortie quelques jours plus tard – « Je suis encore jeune, je n’ai pas 80 ans pour dire que je suis fatigué. J’ai 45 ans et encore un peu de marge pour ça »- mais le message est passé. Il est d’ailleurs accrédité par la tendance générale. Celle d’une équipe en route pour un dernier tour de piste avant un profond renouvellement au prochain mercato. Dans cette histoire, Zidane a choisi son camp depuis longtemps en défendant ses vieux grognards jusqu’à la mort et en dépit de toute logique, parfois. On le voit mal rempiler avec le Real Madrid d’après CR7.

Ramon Calderon, ancien président du Real, résume ça très bien

« Au Real Madrid, depuis 50 ans, aucun entraîneur n’a tenu plus de trois ans. Zidane a pacifié le club, il lui a redonné de la dignité. Même si le PSG doit passer mardi, on doit tout pardonner à Zidane pour tous les succès qu’il a ramenés récemment. Mais je ne crois que ce soit quelqu’un qui s’accroche à son poste. Entraîner n’était pas le rêve de sa vie, il n’a pas besoin de ça. Il partira de lui-même »

Dès cet été, cela arrangerait tout le monde, y compris Zidane, qui tiendra sa dernière occasion de quitter le club de sa vie avec la même réputation d’idole qu’à son époque de joueur. Surtout, ça ne l’empêcherait pas d’y revenir un jour. « Il vaut mieux se quitter maintenant avant de nous faire du mal » a dit Guardiola en quittant Barcelone. Zidane est peut-être arrivé à la même conclusion.

2 - Que le PSG fasse un signe en sa direction

Une précision d’emblée. Paris à un entraîneur sous contrat, dont la 3e année en option sera validée automatiquement en cas de qualification en demi-finales de la Ligue des champions selon des informations révélées en début de saison par l’Equipe. En dehors du fait que la perspective se soit drôlement assombrie à Bernabeu, cela ne garantirait de toute façon pas grand-chose à Unai Emery. Laurent Blanc peut en témoigner, lui qui avait prolongé son contrat à cette période pour se faire lourder trois mois plus tard.

Lire à ce propos Antero Henrique dans l’Equipe de dimanche : « Ce n’est pas un sujet pour maintenant. On a décidé ensemble, lui et moi, de parler de ça à la fin de la saison. » Soit. Le directeur sportif portugais sait comment marche le foot pour les entraîneurs comme pour les joueurs. Les meilleurs, on les blinde des mois à l’avance. Emery sait à quoi s’en tenir. Pour lui, l’histoire est presque terminée

D’ailleurs, le PSG s’est déjà mis sur la piste de son très probable remplaçant. Paris United, qu’on a tendance à croire très fort depuis quelques mois, a déjà quatre noms, par ordre de préférence : Pochettino, Conte, Ancelotti, Villas-Boas. Pas de Zidane ? Pas de Zidane. Des informations confirmées de l’autre côté de la frontière. Si la presse catalane a évoqué une prise de contact informelle entre les deux parties fin janvier, il ne faut pas être dupe : neuf fois sur dix, c’est de la poudre aux yeux pour savonner la planche du voisin. « Il n’y a rien entre Zidane et le PSG », indique une source madrilène, qui évoque de son côté un intérêt poli pour le profil de Luis Enrique

 

>> A lire aussi : On tape toujours sur les mêmes, mais c’était quoi ce coaching d’Emery?

Ceci étant dit, c’est une liste évolutive. Début mars 2017, le PSG ne pensait certainement pas signer Neymar, et il a prouvé qu’il pouvait débaucher n’importe qui quand Doha s’énervait un peu. Mais à l’heure actuelle, aucune approche n’a été effectuée dans cette optique.

3 - Qu’il veuille bien y venir

On arrive à l’équation la plus compliquée. Tout le monde entend l’intérêt pour le PSG de tenter le coup avec Zidane. Son palmarès avec le Real parle pour lui, il a montré qu’il savait gérer les egos du plus gros club du monde de Florentino Perez à Cristiano Ronaldo, et sa hauteur de vue avec les médias servirait l’image parisienne à long terme. Raul, croisé lors des Laureus Awards, le dit mieux que nous :

« Zizou gère parfaitement les équilibres du vestiaire, en donnant du temps aux nouveaux arrivants pour s’adapter. Je le vois très tranquille, il transmet de la confiance dans tout ce qu’il fait et dans tout ce qu’il dit à la presse. »

Quoi d’autre ? Zidane est Français, et cela ne fait pas de mal quand le club donne parfois l’impression d’être moins important qu’une clinique au Brésil ou qu’un coup de fil au Qatar. Il y a ça, et puis il y a l’intangible. Avoir Zidane, c’est s’offrir le plus grand mythe du football tricolore, le champion du monde 98, le symbole d’une France qui s’aime. Même un supporter de l’OM devrait se forcer à haïr le projet QSI avec Zidane sur le banc.

Venons-en à l’intérêt de Zidane lui-même pour le PSG. Première interrogation : est-ce qu’en 2018, une telle union pourrait capotée parque l’un des protagonistes est lié dans l’imaginaire au grand club rival ? Déjà, Zidane appartient davantage à la ville de Marseille qu’à son club, où il n’a jamais évolué. Ensuite, cela fait longtemps que l’OM et le PSG évoluent dans deux univers parallèles, la réalité vient encore de le rappeler crûment. On peut donc supposer que l’intéressé pourrait passer outre son amour modéré de l’OM.

Pour autant, son plan de carrière ne semble pas passer par une étape parisienne. « L’intuition du côté du PSG, c’est que Zidane va prendre une année sabbatique, avance Jordan, l’un des visages de Paris United. Après, c’est lui qui décidera quand il aura envie de prendre l’équipe de France. Peut-être après l’Euro 2020, si Deschamps poursuit jusque-là ». Paris aura alors laissé passer sa chance. Pour l’instant, il n’a pas encore cherché à la provoquer.